Le secteur bancaire de la zone CEMAC a poursuivi son rebond en 2023. Au 30 avril 2024, la sous-région comptait 54 banques. Le total de bilan du secteur a crû de 11,4 %, pour s’établir à 22401 milliards. À l’instar de l’année 2022, cette hausse est observée dans l’ensemble des places bancaires. Elle a été alimentée au passif par une croissance des dépôts (+ 1660 milliards) qui représentent toujours plus de 70% du total bilan des banques. Cette hausse des dépôts est portée par le secteur public (+ 25,2%) et le secteur privé (+ 9,0%).
L’activité de crédit a progressé, avec une croissance des encours de crédits bruts de 10,5% en 2023. Le dynamisme du crédit au secteur privé, qui a crû de 6,8% pour s’établir à 8 705 milliards, a accompagné la hausse des crédits bancaires au secteur public (2106 milliards, + 23,9%). Cette augmentation du volume des crédits est observée dans l’ensemble des pays de la CEMAC, à l’exception de la Guinée équatoriale.
La qualité des portefeuilles de crédit s’est légèrement améliorée en 2023, mais l’encours de créances en souffrance demeure préoccupant. Le stock brut de ces expositions a légèrement diminué de 4,5% sur l’année, atteignant 1879 milliards.
Ainsi, le taux brut de créances en souffrance a baissé de 18,5% à 16,0%. Ce taux est demeuré toutefois supérieur à 30% en Guinée équatoriale et au Tchad. Il s’agit toujours d’un point de vigilance majeur, car ces créances pèsent sur la rentabilité des établissements, entament leurs fonds propres par les provisions qu’elles génèrent et limitent leur croissance. Face à cette problématique, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) a invité les États à mettre en œuvre des stratégies de réduction de ces encours.
Elles devraient s’articuler notamment autour d’un audit exhaustif des expositions de crédit, de la formalisation d’un cadre d’échanges tripartite entre l’État, les banques et les autorités de supervision, et de la mise en place de structures de défaisance nationales censées racheter ces créances en souffrance. Au total, le produit net bancaire (PNB) à fin 2023 a progressé de 57 milliards, à 1304 milliards, et le résultat net a augmenté de 236 milliards pour s’établir à 424 milliards.
Cette progression continue d’être portée par les marges sur « portefeuille titres et prêts à souscription obligatoire » qui représentent désormais 26,5% du total du PNB, contre 21,7% un an plus tôt. La part des marges sur les « opérations avec la clientèle » continue, quant à elle, de diminuer, passant de 46,8% à 44,8%. L’exposition grandissante des banques sur les émissions souveraines, si elle répond au besoin de financement des États, est toutefois susceptible de rendre le secteur bancaire vulnérable à une éventuelle crise de liquidité d’un ou de plusieurs États de la CEMAC.



















