Le sommet des extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (Cemac), annoncé pour le 16 décembre 2024 à Yaoundé au Cameroun, est le menu le plus servi actuellement sur l’agenda économique et macroéconomique des Etats. Cette rencontre qui s’annonce cruciale réunit, au millième près, tous les ingrédients de celle de 2016 : une situation macro économique et financière suffisamment préoccupante.
En prélude à cette rencontre de haut niveau, le chef de l’État, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema a eu une séance de travail qualifiée d’importante avec deux hauts responsables du microcosme financier et économique de la sous-région. Il s’agit notamment du Secrétaire général de la COBAC, Marcel Ondele et du Directeur national de la BEAC, Rodrigue Bissielou et d’Henri Claude Oyima, président du groupe Bgfibank, premier groupe financier d’Afrique centrale.
Il faut l’admettre, ce rendez-vous revêt un intérêt singulier. Ce, du fait qu’il engage l’avenir économique et macroéconomique du pays, et partant de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC). Du fait pare exemple d’une diminution des réserves de change ces derniers mois, qui permettent aux pays de la CEMAC d’assurer solidairement leurs importations de biens et services. Selon la Banque de France, ils ne peuvent désormais assurer que 2,1 mois d’importations, en excluant les appuis budgétaires déjà reçus.
L’autre argument avancé est un doigt accusateur pointé à tort ou à raison vers le Gabon, qui a anticipé, à la mi-novembre 2024, le remboursement de 50% (180 milliards sur une dette globale de 376 milliards de FCFA) d’un eurobond, en mobilisant plutôt l’épargne domestique. En d’autres termes, le Gabon a effectué un emprunt en FCFA sur le marché local, pour rembourser par anticipation une dette libellée en dollars, contractée en 2015 et arrivant à échéance le 16 juin 2025. Cette opération, apprend-on, a contribué à réduire les réserves en devises communes aux États de la CEMAC, centralisées par le Trésor français pour permettre de garantir la convertibilité du FCFA.
C’est donc pour avoir une lecture fiable que ces personnalités sont venues faire un point sur l’évolution des systèmes bancaires dans la sous-région ainsi que dans le Gabon au chef de l’Etat. Pour le Directeur national de la BEAC, il s’est agi de rassurer le président de la République sur la stabilité des secteurs macro-économiques du Gabon tout en attirant son attention sur quelques points d’alerte qui pourraient affecter les économies des pays de la sous-région.
Situations qui, selon lui, « nécessitent une stabilisation des dépenses et une affectation des ressources dans le social et le règlement des engagements des États de la sous-région auprès des différentes instances financières internationales ».
Par ailleurs, avec Henri Claude Oyima, président du groupe Bgfibank, premier groupe financier d’Afrique centrale, cette rencontre a été l’occasion de faire le point avec le chef de l’Etat sur les mécanismes de financement de l’économie nationale, partager les perspectives du groupe sur le plan stratégique 2025 et recueillir les orientations du chef de l’État en vue de renforcer le dynamisme de la structure financière. Les ambitions du groupe au niveau local et dans la sous-région, ainsi que son accompagnement sur les projets structurants tels que la création de la banque pour l’entreprenariat ont également été évoqués au cours de cette rencontre.
Cette rencontre a également servi de cadre pour le président de l’institution bancaire, de faire le point avec le chef de l’Etat sur les mécanismes de financement de l’économie nationale. Mais également de partager les perspectives du groupe sur le plan stratégique 2025, et recueillir les orientations du chef de l’État en vue de renforcer le dynamisme de la structure financière. Les ambitions du groupe au niveau local et dans la sous-région, ainsi que son accompagnement sur les projets structurants tels que la création de la banque pour l’entreprenariat ont également été évoqués au cours de cette rencontre.



















