Conjoncture économique et financière obligeant, le Gabon va une fois de plus, passer par les fourches caudines du Fonds monétaire international (FMI) pour relancer son économie. Il s’agit, selon les observateurs avertis, d’un virage à 180° contrairement aux choix, jusque-là défendus par les autorités de Libreville. Lesquels, prônés l’ex ministre de l’Economie, Henri-Claude Oyima reposaient sur une indépendante économique adaptée aux réalités internes du pays.
Une courageuse décision saluée en son temps et qui consistait à s’affranchir du diktat de l’institution de Bretton Woods. « Désormais, le pays souhaite proposer ses propres programmes économiques aux institutions financières internationales, mettant fin à la tradition de se voir imposer des réformes ». Avait-il déclaré au cours d’une interview sur TV5MONDE. Et que dans cette dynamique, « les futurs projets seront conçus par les Gabonais pour répondre aux véritables besoins du pays, avec un appel à l’appui du FMI uniquement en soutien ».
Pour justifier ce nouveau positionnement envers le Fonds, M. OYIMA avait également déploré le manque d’efficacité des différents programmes signés avec cette institution. « Les 17 programmes passés avec le FMI n’ont pas permis d’atteindre la croissance espérée… Nous pensons qu’il est temps pour que le programme que nous allons désormais mettre en place, soit un programme conçu et élaboré par les Gabonais et nous demanderons l’appui du Fonds monétaire international sur ce projet-là, contrairement aux programmes du passé », avait-il déclaré.
Libreville entendait donc adopter une approche plus souveraine, misant sur les potentialités nationales, et un nouveau modèle de développement. Une réflexion nationale avait également été engagée, afin d’impliquer toutes les parties prenantes avant toutes présentation aux bailleurs étrangers.
Comme un désaveu des choix d’Henri-Claude Oyima
Dans un contexte économique et financier bien tendu, et contre toute attente, le Gabon est contraint de revoir ses positions quel qu’en soit le prix. C’est la substance qui se dégage du communiqué du ministre de l’Economie, Thierry Minko datant de ce 21 janvier 2026. A travers lequel, il informe l’opinion nationale et internationale que le pays entendait mettre en œuvre, un programme économique de croissance, avec l’appui du Fonds monétaire international (FMI), dans l’intérêt macroéconomique de la sous-région CEMAC, mais également pour répondre aux ambitions de développement économique et social du pays.
Selon Thierry Minko le mécanisme est en marche depuis le mois de novembre 2025, lors du séjour d’une délégation du FMI conduite par le Directeur du Département Afrique, Abebe Aemro Selassie à Libreville. Les discussions techniques et institutionnelles entamées entre l’institution onusienne et la République gabonaise se sont renforcées et se poursuivent activement.
Par ailleurs, poursuit ledit communiqué, « le Gabon en ligne avec la politique macroéconomique de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), tout en appelant à une démarche collective et concertée à l’échelle communautaire s’attèlera à une harmonisation budgétaire soutenable et conforme aux directives sous-régionales ». Et de conclure, « La République gabonaise demeure pleinement engagée pour la mise en œuvre effective dudit programme de croissance, conformément aux procédures du FMI, dans un esprit de responsabilité, de transparence et de coopération, au service de la stabilité macroéconomique et du développement du pays ».



















