Le marché régional des titres de la BEAC se porte à merveille. A en croire, les dernières statistiques publiées par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) l’encours des valeurs du Trésor sur le marché régional de titres de la CEMAC atteint 5 302 393 Mds FCFA en décembre 2022.
L’essentiel de cet encours est porté par le Congo avec 1393 Mds FCFA, (26%), le Gabon, 1 312 Mds FCFA, (25%) et le Cameroun (1 267 Mds FCFA, 24 %). De manière globale, l’encours total affiche une forte augmentation par rapport à 2011 (51,6 Mds FCFA), où il représentait alors à peine 0,1 % du PIB de la sous-région.
En outre, renseigne la BEAC, sa valeur nette continue son augmentation mais, compte tenu de la reprise économique, diminue en part du PIB pour passer de 8,3% du PIB de la zone CEMAC fin 2021 à 7,7% fin 2022.
L’évolution de la structure des émissions tend à se confirmer depuis 2020. Si l’encours a été auparavant porté par les besoins de trésorerie à court terme, via la prédominance des émissions de bons du Trésor (BTA), le marché des titres connaît depuis quelques années des levées des Obligations du Trésor (OTA) à des maturités plus longues. Elles représentent 82% de l’encours en décembre 2022, dont près de 40% avec des maturités à partir de 4 ans, contre seulement 11% en 2018.
Quant aux BTA qui représentaient 74% de volume à la même époque, ils n’ont que peu augmenté en volume et ne représentent plus que 18% des émissions en 2022. Le coût des ressources sur le marché des valeurs du Trésor de la CEMAC évolue globalement à la hausse depuis 2018.
Le Cameroun bénéficie ainsi des taux les plus bas, aussi bien pour les bons du Trésor que pour les obligations. En avril 2023, le taux de rendement pour les BTA à 6 mois du Cameroun se situe à 4,8 %, contre 6,6 % au Gabon et 7,1 % au Congo.
Le Conseil de surveillance de la Cellule de règlement et de conservation des titres de la BEAC (CRCT) note par ailleurs que les taux de couvertures moyens des montants mis en adjudication sont en baisse, avec 76,8 % des émissions couvertes entre janvier 2022 et janvier 2023, contre 88,9 % un an plus tôt, ce qui est à mettre en relation avec une exposition de certaines banques au titres d’Etat, le marché secondaire étant jusque-là assez peu développé.
Le CRCT relève toutefois une dynamisation de ce marché secondaire. Plus de 1200 opérations d’achats ventes de titres ont été enregistrées entre janvier 2022 et janvier 2023 pour une valeur nominale de 2 978 Mds FCFA contre 451 pour une valeur nominale de 1 287 Mds FCFA un an plus tôt. De même, les opérations de transferts de titres sans contrepartie espèces (des échanges de titres, par exemple) ont plus que doublé en valeur par rapport à l’année dernière pour atteindre 8754 Mds en janvier 2023.
Les banques et spécialistes des valeurs du Trésor demeurent néanmoins les principaux détenteurs de titres publics avec 81,5% des titres émis contre seulement 11% pour les investisseurs institutionnels, 5% pour la BEAC et 2,2% pour les personnes physiques


















