Selon le FMI, l’économie gabonaise observe une reprise naissante. Deux facteurs sont à l’origine de ce dynamisme : de la riposte vigoureuse des autorités à la pandémie de Covid-19 et le rebond des cours du pétrole. Cependant, alerte le FMI, une grande incertitude entoure cette reprise, notamment en raison des retombées de la guerre en Ukraine.
Qu’à cela ne tienne, le déficit primaire hors pétrole a été contenu à 7,1 % du PIB non pétrolier, ce qui est globalement conforme aux objectifs du programme, malgré la sous[1]performance des recettes non pétrolières et des dépassements pour certains postes de dépenses.
Les recettes non pétrolières ont été inférieures à l’objectif du programme en raison de difficultés pour mettre en place un nouvel impôt sur le revenu des étrangers, qui travaillent le plus souvent dans le secteur informel, et d’une reprise atone dans les secteurs du commerce de détail et du transport.
En outre, les dépenses courantes primaires sont restées inférieures aux allocations budgétaires révisées de 0,5 point de pourcentage du PIB hors pétrole. Une plus grande maîtrise des dépenses des entités publiques et des comptes spéciaux a permis de compenser les dépassements des dépenses consacrées aux transferts et aux biens et services.
Selon le FMI, ce dépassement relatif aux transferts s’explique par les effets du gel du mécanisme de répercussion des prix internationaux des carburants au second semestre de 2021 en raison de la pandémie et sur fond de tensions sociales (environ ½ % du PIB hors pétrole).
Les dépenses en capital financées sur ressources intérieures ont dépassé l’objectif budgétaire d’environ 0,5 point de pourcentage du PIB hors pétrole, car les autorités ont mis en œuvre certains projets indispensables qui n’avaient pas pu se concrétiser en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19.
Toutefois, le total des dépenses en capital a été inférieur au montant budgétisé, en raison d’une sous-exécution des dépenses en capital financées sur ressources extérieures.
Par ailleurs, l’augmentation des recettes pétrolières a permis de ramener le déficit global (base caisse) de 2,4 % du PIB en 2020 à 1,8 % du PIB en 2021. Dans le même temps, les autorités ont surtout eu recours au financement intérieur et aux dépôts pour financer le déficit budgétaire.
Malgré un solde global meilleur qu’anticipé et une émission d’obligations régionales plus importante que prévu, les dépôts du gouvernement auprès de la banque centrale ont diminué d’environ 1,2 % du PIB, par rapport à fin décembre 2020, et ont été nettement inférieurs à l’objectif du programme à fin décembre 2021.
Cette situation s’explique par un paiement de la dette intérieure plus élevé que programmé (dont le remboursement de la dette de la Sogara, la raffinerie nationale, envers des compagnies pétrolières), un déficit intérieur plus important et le non-décaissement de l’appui budgétaire de la Banque africaine de développement (33 milliards de francs CFA).
Au total, le financement net sur ressources intérieures a atteint 1,6 % du PIB. En revanche, les autorités ont accumulé de nouveaux arriérés de paiement au titre de la dette extérieure (32,8 milliards de francs CFA) et de la dette intérieure (91,2 milliards de francs CFA).
La dette publique totale a diminué, passant de 78 % du PIB en 2020 à environ 66 % du PIB. 9. L’encours des arriérés intérieurs à fin 2021 et fin 2020 a été révisé à la hausse.
La dette de la Sogara et de la Société nationale d’électricité et d’eau (SEEG) envers les compagnies pétrolières, due à l’achat impayé de carburant et de gaz, n’était pas comptabilisée dans les arriérés de la dette publique intérieure au moment de l’adoption du budget révisé de 2021.
Les estimations préliminaires suggèrent que la dette totale due par la raffinerie s’élève à 12 milliards de FCFA à fin 2021 (0,1 % du PIB). L’encours des arriérés 2020, estimé à 220 milliards de FCFA (2,5 % du PIB) au début du programme a ensuite été révisé à la hausse à 305 milliards de FCFA (3,5% du PIB).



















