Selon le rapport sur l’investissement dans le monde 2022 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), les entrées d’IDE au Gabon sont successivement passées de 1,7 millions de dollars en 2020 à 1,529 million en 2021 pour se situer finalement à 1,101 millions de dollars en 2022.
Pour la CNUCED, cette situation reflète l’état des opérations internationales de financement de projets ciblant l’Afrique, qui ont enregistré une baisse de 47% en valeur en 2022. Un environnement fortement mis en mal, par les aléas de la guerre en Ukraine. Notamment, la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, les turbulences financières et les pressions exercées par la dette.
Plusieurs secteurs dorénavant propices aux investissements
Historiquement, les secteurs de l’exploitation minière, du pétrole et du gaz, et du bois ont attiré le plus d’investissements au Gabon, mais les investissements étrangers sont encouragés dans toute une série de secteurs, y compris les infrastructures et l’écotourisme.
Outre le groupe singapourien Olam, la Chine est de plus en plus présente dans le pays, comme l’illustrent le récent investissement de 180 millions d’euros de la société énergétique chinoise TBEA dans un projet hydroélectrique et l’investissement progressif de 50 à 100 millions de USD de Jiangsu Wanlin Modern Logistics Co. dans la construction d’une usine de meubles de haute qualité à Libreville. Selon les données du FMI, les principaux investisseurs du Gabon sont l’île Maurice, l’Inde, les États-Unis, la Chine, le Maroc, les Pays-Bas, l’Italie et la France.
Des efforts considérables pour attirer les IDE
La stratégie de développement mise en œuvre par les autorités gabonaises vise à faire du Gabon, une économie émergente d’ici 2025. Cela, en diversifiant le pays et en le transformant en une destination d’investissement compétitive au niveau international.
Le plan prévoit une augmentation des investissements publics et privés, la modernisation des infrastructures et l’amélioration du capital humain. L’évolution de la législation sur les hydrocarbures devrait également contribuer à accélérer les flux d’investissements privés. Faut-il le rappeler, le Gabon est parmi les premiers producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, le deuxième producteur de bois d’Afrique et le deuxième producteur de manganèse au monde.
Il dispose de zones économiques spéciales où les entreprises bénéficient d’avantages fiscaux, de droits de douane préférentiels et de procédures douanières simplifiées. Le pays bénéficie également d’un pouvoir d’achat relativement élevé par rapport aux autres pays d’Afrique subsaharienne.
Toutefois, le potentiel limité du marché, la bureaucratie, la faible application des contrats, une main-d’œuvre non qualifiée et coûteuse, ainsi que des infrastructures médiocres constituent autant d’obstacles à l’afflux d’IDE, fait observer la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement
Des mesures incitatives mises en place par le gouvernement
Le gouvernement gabonais tente de mettre en œuvre plusieurs réformes dans le but de diversifier l’économie du pays, en s’éloignant du pétrole et des partenaires d’investissement traditionnels (plan stratégique « Gabon émergent 2025 »). Le Gabon a créé l’Agence de promotion des investissements (ANPI-Gabon), qui est censée servir de porte d’entrée aux investissements dans le pays et réduire les procédures administratives, les coûts et les périodes d’attente.
Le pays vient également de créer plusieurs zones industrielles, à l’instar de la pionnière de Nkok, qui est devenue un véritable vecteur d’IDE dans le pays. Le Haut Conseil pour l’investissement a été créé en 2017. Il a pour but de promouvoir l’investissement et stimuler l’économie, en renforçant le dialogue entre les secteurs public et privé.
Le gouvernement encourage également les investissements dans certaines des principales industries du Gabon (pétrole et gaz, mines et bois) par le biais d’incitations douanières et fiscales (par exemple, les entreprises pétrolières et minières sont exemptées de droits de douane sur les équipements de travail importés).
Tout comme il encourage également les IDE dans toute une série de secteurs, notamment les infrastructures et l’écotourisme. Le code des investissements touristiques prévoit des incitations fiscales pour les investisseurs étrangers dans le secteur du tourisme pendant les huit premières années d’exploitation.
Il en est de même de celui de l’agriculture qui prévoit également des incitations fiscales et douanières pour les opérateurs agricoles (notamment pour les petites et moyennes entreprises). Dans ce cadre, les terres utilisées pour l’agriculture et l’exploitation agricole sont exonérées de la taxe fiscale, et tous les engrais et aliments importés pour l’exploitation des ranchs sont exonérés de droits de douane.
Les atouts du pays
Le Gabon dispose de nombreux atouts et atours pour devenir une destination attrayante pour les IDE. On note entre autres, l’abondance des ressources naturelles, la position stratégique du pays le long du golfe de Guinée, la stabilité politique, son appartenance à la CEMAC et à plusieurs autres organisations internationales, le plan du gouvernement visant à diversifier l’économie (Plan stratégique Gabon émergent.
On évoque également le fait que le pays soit le 5e producteur de pétrole en Afrique subsaharienne ; le 2e producteur africain de bois, avec un projet de devenir le premier producteur mondial de manganèse, l’absence de restrictions ou de limitations pour les investisseurs étrangers concernant la conversion, le transfert ou le rapatriement des fonds associés à un investissement au Gabon et enfin l’appartenance à la zone franc, qui garantit la libre convertibilité de sa monnaie avec les devises étrangères.
Des leviers à activer
Le pays doit également fournir des efforts pour éliminer un certain nombre d’entraves qui obèrent les entrées d’IDE dans le pays. Ces points faibles portent notamment sur la dépendance de l’économie du pays des revenus générés par l’exportation d’hydrocarbures, le coût élevé des facteurs de production (souvent lié à l’insuffisance des infrastructures de transport et d’énergie), un taux de chômage et des niveaux de pauvreté élevés (environ un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté – Banque mondiale, dernières données disponibles).
A cela s’ajoutent, des procédures bureaucratiques lourdes, l’absence d’un processus clairement établi et cohérent permettant aux entreprises d’entrer sur le marché, un marché intérieur de petite taille, une législation du travail relativement rigide, une application incohérente des réglementations douanières, un risque élevé de corruption, un stock de créances intérieures et extérieures non encore résorbées et enfin, une dépendance à l’égard des importations de denrées alimentaires et de biens d’équipement.



















