Les critères de convergence de la CEMAC sont des indicateurs économiques visant à harmoniser les politiques des États membres et à renforcer l’intégration régionale. Leur suivi est assuré par la Commission de la CEMAC qui veille au respect de quatre principaux critères : inflation (3 % maximum en moyenne annuelle), endettement public (dette publique inferieure à 70 % du PIB), non‐accumulation d’arriérés de paiement intérieurs ou extérieurs et solde budgétaire de référence (déficit de référence inferieur à 1,5 % du PIB).
D’après le « Rapport annuel 2024 des coopérations monétaires Afrique-France », le respect de ces critères par les Etats de la CEMAC s’est amélioré en 2024. L’institution française explique cette performance en grande partie, par les efforts de consolidation budgétaire menés dans le cadre des programmes avec le FMI.
Pour le critère du solde budgétaire de référence, une amélioration notable a été enregistrée par le Cameroun et la Guinée équatoriale, qui respectent désormais ce critère, ainsi que par le Congo, en conformité depuis 2023. Par ailleurs, il s’agit d’une première pour le Cameroun depuis la création de ce critère de convergence.
Cette amélioration résulte notamment des efforts des programmes FMI, en lien avec des efforts accrus de mobilisation des recettes fiscales et une réduction des subventions sur les hydrocarbures (cf. supra). Concernant la dette publique, le ratio moyen dette publique/PIB de la CEMAC est en recul à 47,3% en 2024.
D’ici 2030, la dette publique devrait continuer de se rétracter et s’établir à 31,5% du PIB. Cependant, des disparités importantes subsistent en 2024 : le Congo dépasse toujours le seuil communautaire de 70% du PIB (à 84,6%), signalant une vulnérabilité accrue, tandis que le Gabon est passé juste en dessous de ce niveau à 61,6%. Le critère de non-accumulation d’arriérés reste problématique, bien qu’au niveau de la zone seul le Gabon a accumulé des arriérés en 2024.
La Commission de la CEMAC a considérablement renforcé ses réformes et actions de modernisation en 2024-2025. Elle a adopté en juin 2024 un plan de transformation structuré autour de trois piliers principaux : la gouvernance (mise en place de nouvelles procédures) ; la visibilité (élaboration d’un plan stratégique 2025-2030 en cours de finalisation) ; et la budgétisation (mise en place d’une budgétisation pluriannuelle effective dès 2025, prévue pour être pleinement opérationnelle en 2027).
Un nouveau règlement sur la passation des marchés publics a été adopté le 16 juillet 2024, réaménageant le cadre de passation, d’exécution et de règlement des marchés publics de la Communauté. La Commission a également mis en place une unité spécialisée PPP (Partenariats public privé) pour se conformer à la directive communautaire sur ces partenariats, qui vise à combler le vide juridique communautaire dans ce domaine.



















