En dépit de quelques pesanteurs non négligeables, la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) affiche des signes reprises économiques. En témoigne le récent économique et financier de la Banque de France sur la zone franc pour l’année 2021.
En effet, sur la période sou-revue, la croissance de la zone CEMAC s’est établie à 1,5% en 2021, après la contraction de 2020 (– 1,7%). Ce rebond est largement inférieur à celui observé en Afrique subsaharienne (ASS) et dans les pays exportateurs nets de pétrole d’Afrique subsaharienne (respectivement à 4,7% et 3,0% d’après les Perspectives économiques régionales du Fonds monétaire international [FMI] d’octobre 2022), explique ledit rapport.
Qui renseigne également que le repli important du secteur pétrolier (– 8,3%) contraste avec la croissance du secteur non pétrolier (+ 3,9%). Ce dernier a profité de l’augmentation des recettes pétrolières en raison de la hausse des prix, qui a également dynamisé les exportations en valeur et les recettes publiques.
Une part substantielle de cette croissance est ainsi tributaire des bonnes performances du Cameroun (+ 3,6%), dont l’économie est faiblement dépendante du pétrole et dont le PIB représente plus de 40% du PIB de la CEMAC.
De plus, le pays a moins souffert de restrictions sanitaires liées à la Covid que les autres pays de la sous‑région. La plus forte dépendance au pétrole de l’économie du Congo explique ses moins bonnes performances comparées à celles du Gabon. D’importants troubles sociopolitiques persistent en Centrafrique, au Tchad et au Cameroun, pesant sur la croissance du PIB.
Par ailleurs, la Guinée équatoriale renoue avec la croissance (+ 0,9%) pour la première fois depuis huit ans grâce à un secteur non pétrolier particulièrement dynamique (+ 6,6%). L’ensemble des secteurs de l’économie a contribué à la reprise économique en CEMAC, excepté le secteur pétrolier qui a pesé sur l’activité extractive.
Tous les secteurs, hors industries extractives, ont ainsi enregistré une expansion permettant de dépasser le niveau d’avant‑Covid de 2019 et ce en grande partie grâce à l’augmentation des recettes pétrolières. Ce rebond a été particulièrement marqué pour les services marchands du fait de la levée des mesures restrictives de lutte contre la Covid‑19 par les États de la CEMAC.
En parallèle, la croissance a été portée par la demande intérieure, avec une reprise de la consommation privée (contribution de 3,4 points, contre – 0,8 en 2020) et des investissements (contribution de 2,3 points, contre – 1,6 un an auparavant). Seule la demande extérieure nette a contribué défavorablement à la croissance dans la CEMAC (– 5,1 points), en lien avec le recul du volume des exportations d’hydrocarbures et l’accélération des importations.
L’inflation a baissé en 2021, à + 1,6 % en moyenne annuelle, contre + 2,3% l’année précédente. Parmi les facteurs qui favorisent la hausse de l’indice général des prix figure notamment l’inflation importée, en particulier pour les denrées alimentaires, dans un contexte de tension sur les cours mondiaux et de renchérissement du fret maritime.
La hausse du coût des intrants, la persistance de tensions sécuritaires et l’insuffisance structurelle de la production agricole domestique ont également participé aux pressions inflationnistes. Ces dernières ont toutefois été modérées par la bonne tenue des récoltes vivrières, la stabilité du taux de change, les politiques gouvernementales de lutte contre la vie chère – subventionnement du carburant et des denrées alimentaires de base, encadrement des prix, mesures fiscales et douanières 2 –, ainsi que par le faible dynamisme de la demande globale.
Par pays, les taux d’inflation sont ressortis entre – 0,8% pour le Tchad et + 4,3% pour la Centrafrique, seul pays à dépasser la limite communautaire de 3%. En fin d’année 2021, la hausse des prix, notamment alimentaires, a cependant poussé l’inflation à 2,6% en glissement annuel.



















