Dans le cadre de la réalisation de l’Objectif de développement durable (ODD) 3, visant la santé et le bien-être pour tous d’ici 2030, tout en cherchant à atteindre la couverture sanitaire universelle, le gouvernement gabonais s’est engagé à endiguer un certain nombre de vulnérabilités, telles que les inégalités d’accès aux soins, la pénurie de personnel médical et des infrastructures insuffisantes, qui obèrent ces ambitions.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet d’élaboration de la Carte sanitaire et pharmaceutique 2024-2028 initié par le gouvernement. Ce projet vise à renforcer la résilience du système de santé en cartographiant les infrastructures et les ressources médicales. Il permettra d’identifier les zones sous-desservies, de réduire les inégalités régionales et d’améliorer l’accessibilité aux soins et aux médicaments essentiels, contribuant ainsi à une couverture sanitaire plus équitable pour tous.
Pour le financement de la réalisation de l’élaboration de la Carte sanitaire et pharmaceutique, la Banque africaine de développement (BAD) a accordé un don de de 375 000UC, soit 298 766 250FCFA au pays. Ce financement couvrira une bonne partie la première composante destinée aux études sectorielles pour un montant de 198 590 250FCFA, soit 66,47% du coût total du projet.
Par ailleurs, la deuxième composante qui vise un appui institutionnel s’élève à 62 516 000FCFA, soit 20,92% du coût total du projet. Tandis que la troisième composante concernant la gestion du projet est financée à hauteur de 22 300 000FCFA, soit 07,46% du projet. Il est aussi prévu un poste d’imprévus et divers de 15 360 000FCFA soit 05,14% du coût total du projet.
La répartition des coûts du projet s’opère de cette manière : sur les 298 766 250FCFA, soit 375000 UC, sans la contrepartie nationale de 15% évaluée en nature. La contrepartie nationale de 15% est évaluée en contribution physique liée aux salaires des experts de la cellule d’exécution du projet, des locaux destinés à abriter le projet, des charges variables liées aux coûts d’électricité, les factures d’eau courante et le matériel informatique. Il faut noter que cette Direction centrale des statistiques est récente et manque cruellement des moyens de travail.
Un système sanitaire en proie à plusieurs vulnérabilités
Le système de santé gabonais fait face à un certain nombre d’écueils, liés à une conjugaison de plusieurs de facteurs socio-économiques, infrastructurels et institutionnels. Des obstacles qui affectent la capacité du pays à fournir des services de santé équitables et efficaces à l’ensemble de la population. De manière spécifique, l’on évoque entre autres, les inégalités d’accès aux soins de santé.
En effet, les infrastructures sanitaires sont inégalement réparties sur le territoire national, avec une forte concentration dans les zones urbaines, notamment à Libreville et Port-Gentil, au détriment des régions rurales. En raison de ces disparités, les populations vivant dans les zones enclavées sont confrontées à des obstacles majeurs pour accéder à des soins de qualité, en raison du manque de centres de santé, de routes en mauvais état, et de la rareté des transports.
Par ailleurs, de nombreux hôpitaux et centres de santé à travers le pays, en particulier dans les zones rurales, sont sous-équipés et ne disposent pas des infrastructures nécessaires pour offrir des soins de qualité. Le vieillissement des équipements, l’absence de matériel médical moderne et les interruptions fréquentes dans la chaîne d’approvisionnement en médicaments limitent les capacités de prise en charge des patients.
Le coût élevé des soins, souvent hors de portée des ménages à faible revenu, aggrave également ces inégalités. Cela, en rendant les soins inaccessibles pour une partie significative de la population. L’insuffisance de financement et pénurie de personnel de santé constituent également une cause de l’inefficacité sanitaire du pays. Le financement public destiné au secteur de la santé reste insuffisant pour répondre aux besoins croissants de la population. Cette limitation budgétaire entrave ainsi la modernisation des infrastructures, l’approvisionnement en médicaments et équipements médicaux essentiels, ainsi que l’extension des programmes de santé.
Comme si cela ne suffisait pas, cette situation est exacerbée par l’émigration des professionnels de santé vers des pays offrant de meilleures conditions de travail et des perspectives salariales plus attractives. Le manque d’opportunités de formation continue et de développement professionnel pour le personnel restant constitue également un frein à l’amélioration des services.



















