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Accueil Agro

« Si on perd le bassin du Congo, alors on perd la bataille contre le changement climatique » (Prof. Lee White)

A l’initiative de la mairie de Paris et du journal Le Monde, la capitale française a abrité le 06 octobre dernier, une rencontre internationale portant sur la préservation des forêts d’Afrique centrale.

SC par SC
octobre 21, 2021
dans Agro, Bois, Commerce, Coopération, Economie, Entreprises, Environnement, Finances Publiques, Gouvernance, International, La Une
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Le ministre gabonais des Eaux et Forêts, Prof Lee White.

Le ministre gabonais des Eaux et Forêts, Prof Lee White.

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La Conférence internationale de Paris pour comprendre et préserver les forêts d’Afrique centrale et ses populations a remis au goût du jour, la nécessité d’agir pour préserver cette région. C’est évidement le point de vue des nombreux acteurs des pouvoirs locaux, des représentants du monde associatif, universitaire et de l’entreprenariat, ainsi que des experts et de grands témoins européens et africains, qui ont pris part à ce rendez-vous de Paris.

La rencontre s’est articulée autour de plénières et de tables rondes, portant en particulier sur quatre enjeux cruciaux : la préservation de la forêt équatoriale africaine et sa biodiversité, le rôle central des populations, la lutte contre le réchauffement climatique et le développement de nouvelles pratiques agricoles et alimentaires

Il convient également également de noter que cette conférence s’inscrivait dans un contexte particulier, celui de l’exclusion du bois tropical par la Société pour la livraison des ouvrages olympiques (SOLIDEO), de la construction des ouvrages olympiques pour les Jeux Olympiques (JO) d’été Paris 2024.

Intervenant dans un panel, le ministre gabonais des Eaux et Forêts, Prof Lee White a dit toute l’importance que revêtent ces forêts du bassin du Congo et qui constituent le second plus grand massif forestier tropical, après l’Amazonie.

Selon le membre du gouvernement gabonais, « Il abrite un patrimoine naturel exceptionnel, tant par sa diversité faunique que floristique, et permet de séquestrer 140 millions de tonnes de carbone par an », a-t-il déclaré. Avant de préciser « qu’en tant que tel, il représente ainsi un enjeu crucial pour la préservation de la biodiversité mondiale et dans la lutte contre le changement climatique ».

Sans détours, le ministre gabonais des Eaux et Forêts s’est voulu ferme et directe dans ses propos : « Si on perd le bassin du Congo, alors on perd la bataille contre le changement climatique. »

Pour un développement économique et social, à la fois respectueux des écosystèmes et des populations

Plusieurs défis majeurs ont ainsi émergé des discussions. Il s’agit entre autres de la croissance démographique importante dans les pays du bassin du Congo, et la jeunesse de la population qui en découle ; l’agriculture qui menace de conversion les zones forestières et enfin le bois comme source d’énergie très utilisé dans cette région.

Devant la complexité et l’entremêlement de ces principaux enjeux, se pose bien entendu, la question de la gestion des ressources forestières, dans un contexte où la population de plus en plus nombreuse, a des besoins grandissants pour se loger et se nourrir. Il apparaît donc qu’une préservation des forêts tropicales doit s’allier à un développement économique et social, à la fois respectueux des écosystèmes et des populations.

L’urgence gestion durable des forêts

À ce titre, comme l’on reconnu de nombreux experts, la Gestion durable des forêts (GDF) apparaît comme une solution adéquate. Ces derniers ont ainsi démontré qu’une exploitation forestière bien gérée et maîtrisée contribue à une mise en valeur forestière durable. Certes, les systèmes de certification ne sont pas parfaits, mais ils tendent constamment à s’améliorer.

En réalité, les diverses études scientifiques sur le sujet menées ces dernières années ont montré qu’une exploitation bien gérée n’a que peu d’impact sur les forêts, et peut même servir de réseau de connexion entre différentes aires protégées, comme le reconnait Sylvie Gourlet-Fleury du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD).

En outre, le secteur bois-forêt est pourvoyeur d’emplois et de revenus pour une population jeune, dont une grande majorité est active. La gestion durable des forêts a les moyens d’être inclusive pour les populations locales et se doit donc de l’être.

Les forêts gérées durablement pourraient ainsi être considérées à l’avenir, comme des aires protégées, préservant la faune, la flore, mais assurant aussi le respect des droits des peuples autochtones en sécurisant le foncier et en évitant que ceux-ci ne soient expulsés au profit d’aires protégés ou de parcs naturels, soutient quant lui, Geoffrey Mauvais de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)

Par ailleurs, en considérant les forêts gérées durablement comme des aires protégées, on ouvrirait la porte au développement d’une économie saine, porteuse de bénéfices sociaux, et respectueuse des écosystèmes forestiers en incluant plutôt qu’en excluant. Néanmoins, reconnaître les bénéfices de la gestion durable des forêts et de la certification du bois tropical ne suffit pas : la France, et plus généralement l’Europe, doit ouvrir son marché au bois tropical certifié.

Comme l’a souligné le ministre Lee White, « les pays producteurs de bois tropical sont bien conscients que l’Europe n’achètera pas de bois si celui-ci est illégal, menace la biodiversité et met en péril les peuples autochtones. Les administrations et les entreprises forestières engagées dans la certification mènent des efforts coûteux pour développer une industrie saine et vertueuse ».

Avant de lancer une invite aux acteurs européens de soutenir ces efforts et de créer une économie forestière durable, en ouvrant leurs marchés au bois certifié qui garantit la protection des forêts et un développement économique et social local.

Autrement dit, pour développer ce marché sain, préconise Lee White, il est nécessaire de développer une interconnexion entre les échelles locale, nationale et internationale, et d’accorder une place et de la valeur au bois tropical certifié.

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