Autrement dit, ces trois pays font preuve de leur adhésion au principe de labellisation de l’huile de palme durable.
Dans le même registre, cette étiquette correspond aux recommandations d’une étude des chercheurs britanniques publiée récemment dans la revue « Environmental Research Letters » appelant les États à modifier les politiques en vigueur sur la filière palmier à huile. Cela, en obligeant les entreprises à s’approvisionner à 100 % en huile de palme certifiée et pouvant être tracée jusqu’au niveau de la plantation.
Selon des chiffres rendus publics par la RSPO (Table ronde sur la production d’une huile de palme durable ) dans ce cadre, le Gabon avec 55.385 hectares de palmier à huile; le Ghana, 31.618 et Madagascar, 2.234 font figures de meilleurs élèves. Car, ces trois pays africains étaient les seuls a posséder des plantations de palmiers à huile certifiées RSPO au 31 décembre 2018.
De plus, ils représentent un total de 89.237 hectares de palmeraies certifiées en Afrique sur 3,71 millions d’hectares recensées à travers le monde. Cela représente une production de 98.388 tonnes d’huile de palme certifiée RSPO en Afrique, contre 13,47 millions de tonnes à l’échelle mondiale.
Du côté d’Olam palm Gabon, principal investisseurs dans la filière au pays, on indique avoir « planté 64 000 hectares de palmiers à huile en protégeant 72 000 hectares de forêts et de zones à haute valeur de conservation, telles que des zones tampons. Deux lots de plantation ont déjà été certifiés RSPO. L’on table également sur la certification à 100% d’ici 2021″.
Cette étude préconise également aux multinationales de cartographier et de publier des informations complètes sur la chaîne logistique pour toutes leurs opérations, y compris leurs fournisseurs d’huile de palme.
Ce dispositif pourrait contribuer à décourager les pratiques non durables, prescrit en outre cette étude. De telles mesures, estiment les auteurs, permettraient d’éviter d’avoir à se fier aux décisions des consommateurs pour pouvoir encourager la production et la consommation d’une huile de palme plus responsable.
De son côté, Elikplim Dziwornu Agbitor, responsable de la norme RSPO pour l’Afrique souligne que “La production durable d’huile de palme comprend une gestion et des opérations légales, économiquement viables, respectueuses de l’environnement et socialement bénéfiques.”
Par ailleurs, le label RSPO atteste que la production d’huile de palme doit respecter un certain nombre de critères. Révisés en novembre 2018, ces critères comprennent, entre autres : un comportement éthique et transparent, le respect des communautés et des droits humains, le respect des droits et des conditions des travailleurs, la protection et la conservation de l’environnement, le soutien à l’inclusion des petits producteurs, l’optimisation de la productivité, de l’efficacité, des impacts positifs et de la résilience, etc.
Bref, résume Elikplim Dziwornu Agbitor « la production durable d’huile de palme comprend une gestion et des opérations légales, économiquement viables, respectueuses de l’environnement et socialement bénéfiques ».
Quant à Rosemary Ostfeld, chercheure au département d’économie foncière à l’université de Cambridge, en Angleterre et auteure principal de l’étude, elle précise que « les résultats de l’étude sont pertinents pour les régions où la production d’huile de palme est en augmentation, car l’expansion du palmier à huile implique généralement la déforestation et une menace pour la biodiversité « . Avant d’ajouter que « Le palmier à huile est en expansion en Afrique subsaharienne et constitue une menace pour la biodiversité ».
Une perception que partage Elikplim Dziwornu Agbitor en affirmant que « selon les estimations, d’ici 2021, jusqu’à 22 millions d’hectares de terres en Afrique de l’Ouest et du Centre pourraient être convertis en plantations de palmiers à huile. Mais, lorsqu’elles sont cultivées de manière durable et conformément aux normes RSPO, les plantations de palmiers à huile et l’environnement peuvent coexister « , relève-t-il.
Il ajoute cet effet qu’il suffit de « veiller à ce que les forêts primaires et secondaires de haute valeur pour la conservation ne soient pas endommagées et que des normes élevées en matière de droits de l’homme et de droits des travailleurs soient respectées « .






























