« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ». C’est ainsi que l’on pourrait qualifier la participation du Gabon à l’Africa CEO Forum (ACF) 2023 tenu du 05 au 06 juin dernier à Abidjan en Côte d’Ivoire. Autrement dit, les lendemains de ce déplacement charrient un réel motif espoir pour les autorités gabonaises.
En effet, à l’occasion de cette grand-messe économique, la délégation gabonaise a présenté des opportunités d’investissement qu’offre le pays, ainsi que de nombreux secteurs porteurs qui peuvent susciter l’intérêt des investisseurs.
Ce potentiel a été décliné au cours d’une session exclusivement dédiée au Gabon et pilotée par le ministre de la Promotion des investissements, des Partenariats public-privés, chargé de l’Amélioration de l’environnement des affaires, Hugues Mbadinga Madiya. De manière spécifique, a expliqué le membre du gouvernement, « il était question présenter la stratégie du Gabon consignée dans le Plan d’accélération de la transformation (PAT) ».
Dans le lot d’opportunités, le secteur minier a occupé une place de choix. Ce d’autant qu’il « observe actuellement un regain d’intérêt avec notamment, la consolidation des activités du pool manganèse et le grand champ de Bélinga pour ne citer que ces deux minerais. Sans pour autant faire fi d’autres secteur comme celui de l’or, où le chef de l’Etat Ali Bongo, a récemment procéder l’inauguration d’une raffinerie. En effet, cette infrastructure place le pays sur un palier supérieur en termes de transformation de l’or au Gabon et qui va préparer une nouvelle ère ».
Le secteur bois et ses débouchées n’a pas été reste. Avec une contribution au PIB qui a quadruplé en 11 ans, atteignant 444 milliards FCFA en 2021, il observe aujourd’hui un vérifiable boom à même de capter des capitaux étrangers. Faut-il relever, le secteur est aujourd’hui le deuxième employeur après l’Etat, avec nombre d’emplois passé de 8 400 en 2010 à 30 000 en 2022.
De manière détaillée, la contribution de l’exploitation forestière à la richesse nationale a augmenté de 300% pour se situer à 157 milliards FCFA, tandis que celle du volet industriel du bois est passée de 62 milliards FCFA à 287 milliards FCFA, soit une progression de 463%. Résultats des courses, le bois est devenu le second produit d’exportation gabonais derrière le pétrole et devant le manganèse, 15% des exportations en 2021.
Le pays est par ailleurs devenu le 2ème producteur africain de bois scié (10ème au monde) et le 1er pour les placages (2ème mondial).
Pour une économie inclusive et durable
Le Gabon, dans son ambition de créer construire une économie inclusive et durable mise également sur les champions nationaux. Selon Hugues Mbadinga Madiya « L’enjeu est de construire une économie inclusive et durable. Mais pour le faire, il faut un secteur privé développé. Les différents gouvernements ont anticipé cette question. Vous savez qu’il y a une politique assez intensive qui a été mise en place, avec mon collègue des PME, pour créer un écosystème en faveur des petites et moyennes entreprises avec les incubateurs mis en place, des structures d’accompagnement ou de garantie comme la Société de garantie du Gabon ou la Fabrique des champions. Tout ceci participe à l’objectif du gouvernement de créer ou recréer une classe d’hommes d’affaires qui viendra participer au développement économique du Gabon. Cette volonté est là ».
Le ministre de la Promotion des investissements se veut davantage réaliste et optimiste. « Le portefeuille d’investissement du Gabon est assez dynamique. Il est même très dynamique. Vous avez pu suivre, le Gabon est demandé de partout. Les opportunités y sont. Nous sommes en train de relancer les investissements avec les nombreux partenaires et les véhicules d’investissements qui sont là. Il faut que ça se poursuive », a-t-il indiqué.
Seulement, cette nouvelle donne doit se faire une base structurelle bien solide avise-t-il. « Construire une économique se fait sur le long terme. Nous n’avons pas le choix, c’est une obligation. C’est par là que nous allons créer les emplois que demandent les Gabonais notamment les jeunes, que nous allons relever le niveau des infrastructures et nous allons créer l’économie gabonaise selon les vœux du président. C’est-à-dire une économie durable, inclusive et respectueuse de l’environnement. C’est ce que nous sommes venus faire ici à Abidjan avec son excellence Monsieur le Premier ministre et nous repartons de là avec de très belles perspectives ».



















