Pour le membre du gouvernement gabonais, les Zone économique spéciale revêtent des avantages multiformes. En premier lieu, ces avantages sont d’ordre logistique. En effet, explique-t-elle, « les ZES facilitent les flux entre les centres de production et de consommation. On peut dire aussi que des investisseurs vont enregistrer des gains de productivité et donc être plus compétitifs, grâce aux économies d’échelle réalisées, avec le développement d’un tissu économique sur des filières porteuses, liées notamment aux avantages comparatifs des pays et de la demande qui se manifeste au niveau mondial ».
Pour le cas spécifique du Gabon, Carmen NDAOT précise que création de la Zone économique spéciale de Nkok, la première du pays est le fruit de la vision du président de la République, Ali Bongo Ondimba. « Cette ZES représente une réponse concrète aux défis du développement des filières qui concourent à la diversification de l’économie au-delà du secteur pétrolier, par l’offre croissante de produits à très forte valeur ajoutée, principalement dans la filière bois, activité pour laquelle Nkok a été primée en 2020 meilleure ZES du monde de sa catégorie, par les Global free zone awards du Financial Times »., indique-t-elle.
Loin d’abandonner une formule qui fait recette, « Ce succès a conduit le chef de l’État à décider de créer une deuxième zone économique spéciale, également dédiée à la filière bois, et qui a déjà commencé à accueillir sa première unité industrielle. D’autre part, cinq autres zones économiques spéciales dédiées au développement de l’agriculture sont actuellement en construction », souligne Mme NDAOT.
Pour cette dernière, le lancement de cinq nouvelles Zones économiques spéciales simultanément, est la matérialisation de la vision du chef de l’Etat en vue de la diversification économique. Cela, en développant d’autres secteurs que le pétrolier, et particulièrement celui du bois, car nous sommes un pays avec un énorme potentiel forestier.
« Cette vision avant-gardiste a d’ailleurs permis d’être résilient lors des différentes crises, notamment la crise pétrolière que nous avons connue ces dernières années. Et puis, bien sûr, ces zones sont des plateformes précisément dotées d’infrastructures pensées pour faciliter les activités industrielles », relève la ministre de la Promotion des investissements du Gabon.
Et d’ajouter, « Ces atouts qu’offrent ces zones économiques ont abouti au grand succès de Nkok dans le secteur du bois, mais aussi des meilleurs parcs industriels en Afrique centrale. Les ZES sont aujourd’hui un modèle qui, nous l’espérons, fera école ».
Par rapport à la question mise en avant dans le rapport sur les Zones économiques spéciales et sécurisées, qui a servi de base aux séminaires, en vue d’une coopération euro-africaine pour co-construire un modèle plus adapté aux attentes africaines, Carmen NDAOT met avant, l’expertive et l’expérience de son pays.
«Je voudrais d’abord relever que nous avons aujourd’hui quelque seize nationalités différentes au sein de notre zone économique de Nkok, cela montre bien que le Gabon est engagé dans la diversification de ses partenaires. En outre, zones spéciales sont propices à accueillir les acteurs économiques européens. D’ailleurs, nous développons déjà une forte coopération avec l’Union européenne dans plusieurs domaines d’activité, comme la pêche, l’environnement, etc », fait-elle savoir.
En termes d’attentes de ces zones économiques qui se veulent internationales, la ministre de la Promotion des investissements du Gabon identifie un triple défi : contribuer à l’accélération du développement industriel par la valorisation des ressources locales ; favoriser le transfert de technologies ; assurer un effet d’entraînement sur le reste de l’économie avec la création d’emplois inscrits dans un processus de développement durable. Avant d’indiquer que l’ouverture de son pays à tout type de partenariat au sein de ces zones.
Pour rappel, Nkok est la première la Zone économique spéciale au monde à être certifiée neutre en carbone. En outre, déjà classée en 2020 meilleure zone économique spéciale du monde, dans le secteur du bois par la prestigieuse institution Foreign Direct Investment Magazine, elle vient d’obtenir la certification ISO 14064-1 pour sa politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Autrement dit, c’est la première zone industrielle au monde à être certifiée neutre en carbone.



















