Après avoir oscillée autour d’un taux de 4 % en 2025, contre 3,7 % en 2024, la croissance en Afrique subsaharienne devrait se consolider à 4,3 % en 2026, puis 4,7 % en 2027. Cela, à la faveur d’une hausse des investissements et des exportations. C’est du moins ce que renseignent les dernières perspectives de la Banque mondiale publiées au mois de janvier.
Toutefois, cette reprise suppose toutefois que l’environnement extérieur ne se détériore pas davantage et que la sécurité s’améliore sensiblement dans plusieurs pays en situation de fragilité et de conflit. Le rythme de la croissance attendue reste toutefois inférieur à la moyenne à long terme de la région et insuffisant pour obtenir des avancées significatives sur le front de la lutte contre l’extrême pauvreté. La forte réduction de l’Aide publique au développement (APD) depuis 2024 a réduit encore davantage les marges de manœuvre budgétaires des économies d’Afrique subsaharienne et va compromettre leur résilience face à des chocs défavorables.
Si l’exposition directe de la plupart des économies subsahariennes à la fragmentation du commerce mondial reste limitée, il existe des exceptions notables : l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Lesotho, Madagascar et Maurice, notamment, dépendent fortement des marchés états-uniens pour leurs exportations de biens et de produits de base.
Les projections de référence reposent sur l’hypothèse que les droits de douane bilatéraux en vigueur actuellement le resteront tout au long de la période de prévision. Cependant, l’expiration, fin 2025, de la loi américaine sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (African Growth and Opportunity Act, AGOA), qui a mis fin à l’accès préférentiel au marché des États-Unis pour les pays africains éligibles, devrait, sauf reconduction, avoir un impact significatif sur un certain nombre d’économies.
Le revenu par habitant en Afrique subsaharienne devrait augmenter en moyenne de 2 % par an sur la période 2026-2027. Même si elle est légèrement supérieure aux projections établies en juin dernier, cette dynamique n’est pas suffisante pour créer les emplois nécessaires face au rythme d’accroissement de la population active.
S’agissant de la croissance réelle du revenu par habitant, elle restera en outre inégale au sein de la région, certains pays, en particulier ceux en proie à des conflits violents, accusant une absence de progrès. Alors que l’Afrique subsaharienne abrite quelque 270 millions de jeunes en 2025 et qu’elle connaît la plus forte augmentation au monde de la population en âge de travailler, la création d’emplois productifs y reste limitée.
Risques
Les risques de dégradation demeurent prépondérants. La croissance régionale pourrait être plus faible que prévu si les barrières commerciales et l’incertitude qui en découle continuent de s’amplifier, si la mise en œuvre des réformes ralentit, si les conflits violents persistent ou s’aggravent, si les chocs météorologiques s’intensifient, si l’APD diminue plus rapidement qu’attendu, si l’affaiblissement de la croissance mondiale est supérieur aux projections actuelles, si les prix des produits de base continuent de baisser ou si les conditions financières mondiales se détériorent.
En revanche, l’activité en Afrique subsaharienne pourrait être favorisée par le libre accès au marché chinois, une croissance mondiale plus forte que prévu, la poursuite des progrès de l’intégration régionale et le raffermissement des prix des produits de base.



















