Les dernières évolutions économiques et financières des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), publiées par la Banque de France sont disponibles. L’on peut retenir globalement de ce document que l’année 2024 a notamment été marquée par une stabilisation de la croissance dans ces deux espaces économiques.
S’agissant par exemple des appuis du Fonds monétaire international (FMI), au niveau de l’UEMOA, l’ensemble des pays a bénéficié de programmes avec le FMI en 2024. Le Niger a par exemple vu les décaissements reprendre après une suspension temporaire consécutive au coup d’État de juillet 2023. Cette reprise s’est accompagnée d’une prolongation d’un an de la Facilité élargie de crédit (FEC). En revanche, les décaissements en faveur du Sénégal ont été suspendus à l’automne 2024, à la suite des déclarations erronées importantes des déficits budgétaires et de la dette publique.
En zone CEMAC, seuls deux pays bénéficient encore de programmes du FMI avec financement. Il s’agit de la République centrafricaine et du Tchad (depuis août 2025 pour ce dernier). Le programme du FMI en faveur du Gabon a expiré à l’été 2024. Tandis que ceux du Congo et du Cameroun sont arrivés à leur terme, respectivement, en mars et en juillet 2025. En conclusion, aucun programme n’a été conclu en Guinée équatoriale depuis fin décembre 2022.
Dans l’ensemble, l’approche adoptée par ces différents pays ne semble pas fortuite. Elle dénote plutôt une certaine frilosité à continuer de recourir, comme à l’accoutumée, aux fourches caudines du FMI dès la moindre secousse économique et financière.
L’approche singulière du Gabon
Dans le cas spécifique du du Gabon, loin d’être en bisbille avec le Fonds, comme d’aucuns pourraient l’estimer, les nouvelles autorités de Libreville implémentent plutôt une nouvelle approche avec l’institution de Bretton Woods, plus indépendante et adaptée aux réalités internes. Autrement dit, le pays souhaite désormais proposer ses propres programmes économiques aux institutions financières internationales, mettant fin à cette lancinante tradition de se voir imposer des réformes. C’est dans ce cadre que le pays a décidé de revoir son partenariat avec le Fonds monétaire international.
Malgré tout, rendez-vous a par exemple été pris d’un commun accord, entre les deux parties pour la présentation d’ici la fin de l’année 2026, des dernières évolutions macroéconomiques du pays en toute transparence. Selon des sources ministérielles, le non-recours du Gabon actuellement à un programme avec le FMI se veut donc stratégique. Ce, d’autant que ladite institution s’est toujours dite prête à l’accompagner sur des aspects d’assistance technique. A en croire le rapport de mission de la dernière visite de son équipe au début du mois de novembre 2025 à Libreville.
Faut-il rappeler qu’au terme de cette récente visite, le Directeur du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), Abebe Aemro SELASSIE a apprécié les orientations données à la nouvelle vision économique du pays. Cela, en la qualifiant de solide ainsi que les réformes profondes et courageuses engagées depuis l’avènement de la 5e République. Les missionnaires de Bretton Woods avaient par la même occasion, marqué leur disponibilité à accompagner le Gabon dans la poursuite des réformes en faveur d’un changement profond et pérenne de son modèle économique.



















