Pour la période 2027-2029, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) affiche un certain optimisme pour les économies de la CEMAC. L’institution monétaire souligne que la croissance économique s’appuierait sur une diversification accélérée de son secteur extractif et l’amorce de sa transformation locale, réduisant ainsi sa vulnérabilité historique aux chocs externes, notamment l’instabilité géopolitique actuelle au Moyen-Orient. Cette dynamique positive sera soutenue par deux piliers majeurs :
Le premier concerne la bonne tenue des activités dans le secteur des mines solides et de la métallurgie, avec notamment la montée en puissance des grands gisements de fer (Milingui et Baniaka au Gabon, Grand Zambi et Lobé au Cameroun, Nabeba au Congo) qui devrait s’accompagner de l’émergence d’une industrie métallurgique locale. Cette dynamique serait renforcée par le développement de la bauxite au Cameroun, de l’or et l’antimoine au Tchad, l’exploitation de la potasse au Congo et l’industrialisation de la filière aurifère sous-régionale.
L’essor du gaz constitue le second pilier. Car, en plus de l’extraction pétrolière qui conservera un rôle primordial. En effet, la mise en exploitation de nouveaux projets gaziers (GNL et GPL) d’envergure dans quatre pays (Cameroun, Congo, Gabon et Guinée Équatoriale) permettra de répondre à la demande de diversification des sources d’approvisionnement énergétique.
Retour de la croissance serait favorisé par la reconstitution du potentiel productif post-Covid-19
Selon la BEAC, pour la période 2021-2026, la croissance économique révisée de la CEMAC s’établirait en moyenne à 2,7 %, affichant un redressement notable par rapport à la moyenne de 0,2 % enregistrée entre 2016 et 2020. Cette performance s’expliquerait par la reconstitution progressive des capacités productives après la pandémie de covid-19. En outre, les services de la BEAC font état d’une progression constante de la production potentielle, laquelle soutiendrait une amélioration durable de la croissance effective. À partir de 2028, l’écart de production basculerait en zone positive, atteignant en moyenne 1,1 % sur la période .2027-2030
Autres agrégats macroéconomiques : des tendances contrastées mais globalement encourageantes
Selon les dernières mises à jour des agrégats macro-économiques de la CEMAC, les autres comptes macroéconomiques devraient présenter des tendances variées à moyen terme comme suit : le déficit du solde budgétaire, base engagement hors dons, devrait se réduire graduellement en revenant de 2,2 % du PIB en2027à1,4 %duPIBen2028,puisà0,2 % du PIB en 2029 ; le déficit du solde extérieur courant, dons officiels inclus, pourrait se maintenir en moyenne à 4,0 % du PIB sur la période 2027-2029 ; et une hausse de plusieurs agrégats monétaires entre 2027 et 2029, avec les taux moyens de progression annuelle de 11,1 % pour la masse monétaire, 29,2 % pour les avoirs extérieurs nets du système monétaire et 11,8% pour les crédits à l’économie.


















