Brazzaville, la capitale politique de la République du Congo abrite les travaux de la 44ème Session Ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), ce vendredi 31 octobre 2025. Deux allocutions ont ponctué la cérémonie d’ouverture. Il s’agit de celle du président de la Commission de la CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o, suivie de celle de Ludovic Ngatse, ministre de l’Economie, du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale de la République du Congo, par ailleurs, président du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC).
Dans son mot, Ludovic Ngatse a clairement décliné l’esprit des travaux. En effet, a-t-il indiqué, « cette 44e session est principalement consacrée au dossier budgétaire. Elle intervient dans un contexte où la sous-région est appelée à réaffirmer sa place dans un monde en mutation rapide, marqué par les bouleversements géopolitiques, les transformations technologiques et les impératifs du développement durable ».
Poursuivant son allocution, le ministre Ngatse n’a pas manqué de passer en revue, les avancées significatives accomplies depuis les débuts du processus d’intégration dans la sous-région. « L’harmonisation progressive de nos cadres juridiques, la mise en place d’instruments de surveillance multilatérale, les progrès dans la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que les efforts de convergence macroéconomique témoignent de notre détermination collective », a-t-il indiqué. Non sans reconnaître la persistance des obstacles.
Il a notamment déploré les retards dans le paiement des contributions communautaires, les difficultés d’exécution de certains programmes, et surtout le décalage entre les ambitions et les moyens effectivement mobilisés pour les réaliser.
Au plan économique et financier, M. Ngatse a également expliqué le difficile contexte dans lequel le projet de budget de la Communauté pour l’exercice 2026 a été élaboré. Il s’agit selon lui, d’« Un environnement économique mondial particulièrement difficile, marqué par les répercussions persistantes des conflits russo-ukrainien et moyen-oriental, ainsi que par l’instabilité provoquée par les politiques douanières américaines erratiques. Une conjoncture qui engendre une incertitude majeure quant aux perspectives de croissance économique à l’échelle planétaire ».
Dans ce droit fil, la sous-région Afrique centrale fait face à des défis majeurs, a-t-il souligné. D’où, l’urgence de « la nécessité de diversifier les économies encore trop dépendantes des ressources naturelles, l’impérativité de renforcer le marché commun, l’urgence de développer des infrastructures de transport et de communication, et le besoin pressant de créer des opportunités pour notre jeunesse dynamique », a-t-il préconisé.
La problématique de financement des institutions a aussi été évoquée. « Il est temps que nous dotions nos institutions communautaires de moyens à la hauteur de leurs ambitions », a préconisé le président du Conseil des ministres de l’UEAC. Raison pour laquelle, le budget de l’exercice qui sera examiné, se doit d’être un instrument de transformation, afin qu’il puisse traduire l’ambition commune en réalisations tangibles qui améliorent le quotidien des populations.
Ainsi, « la réussite de la mise en œuvre des plans d’actions institutionnels demeure tributaire de l’amélioration substantielle du taux de recouvrement de la TCI. Les engagements pris par les autorités politiques lors de la quarante-troisième session du Conseil des ministres tenus à Bangui le 9 septembre 2025, conjugués à l’opérationnalisation effective du prélèvement automatique de la TCI dans l’ensemble des États membres, constituent des leviers décisifs », a rappelé Ludovic Ngatse.
Tout en formulant le vœu que les travaux se déroulent dans un esprit de dialogue constructif, guidés par l’intérêt supérieur de la communauté, dans le but de bâtir une CEMAC plus forte, plus intégrée, plus performante, il a souhaité que cette 44ème Session ordinaire du Conseil des ministres marque une étape significative dans la consolidation des acquis et l’accélération de l’intégration régionale. « Que nos décisions d’aujourd’hui contribuent effectivement à l’amélioration des conditions de vie de nos populations », a-t-il conclu.



















