Après la pluie, vient le beau temps. C’est la situation que semble décrire la note de conjoncture du ministère de l’Economie et de la Relance. Ce document produit par la direction générale de l’économie et de la politique fiscale, pour le dernier trimestre 2021, fait ainsi observer une reprise de l’activité dans la majorité des secteurs, dans le sillage des évolutions internationales.
En effet, au niveau du secteur primaire, la baisse de 6,7% de la production et des exportations pétrolières a été quelque peu atténuée par la remontée des cours de cette commodité sur le marché international. Celle-ci s’est traduite par une bonne orientation des cours des bruts gabonais (+73,3%), nonobstant une légère dépréciation du dollar par rapport au francs CFA (-3,7%).
Parallèlement, les indicateurs de la production de manganèse ont été globalement positifs. La production, les exportations et les ventes ont progressé respectivement de 11,8%, 11,1% et 11,4%, grâce aux performances de deux des trois acteurs de la branche. Toutefois, le chiffre d’affaires a été pénalisé par la baisse des cours liée à l’abondance de l’offre sur le marché international.
Les performances de l’exploitation forestière se sont renforcées à fin 2021, du fait de la mise en exploitation de nouvelles surfaces forestières, dans un contexte de forte demande émanant notamment des unités installées dans la Zone économique de Nkok.
Dans le même temps, la filière d’huile de palme brute a consolidé ses performances avec une production de régimes et d’huile de palme brute en hausse de 54,2 et 52,6% respectivement, rendue possible par l’accroissement du rendement des plantations.
On note à l’opposé de ces évolutions, les contreperformances de l’activité de production de caoutchouc naturel, notamment le caoutchouc usiné (-25,0%) et ses exportations (-32,4%), pénalisée par les difficultés rencontrées par l’opérateur durant le premier semestre. Le chiffre d’affaires a toutefois mieux résisté à la faveur d’une consolidation des cours moyens sur le marché (+19,1%).
L’activité dans le secteur secondaire a été assez soutenue à fin décembre 2021, au regard de l’évolution de ses branches. Celle-ci a amorcé un redressement même si on relève une persistance des effets de la crise sanitaire qui empêchent un redémarrage homogène. En effet, au niveau de la branche des industries agro-alimentaires, l’activité sucrière présente des résultats mitigés marqués par une contraction du volume de production du sucre transformé (-11,8% à 19848 tonnes), des ventes (-2,7% à 31097 tonnes) et du chiffre d’affaires (-2,5% à 21 milliards de FCFA) qui ont souffert de l’atonie de la demande locale et des difficultés d’évacuation des produits par voie routière et ferrée. Les conditions favorables d’exploitation ont tout de même conduit à un accroissement de la production de granulés de 50 kg (+14,9%).
A la faveur de l’assouplissement des mesures gouvernementales, notamment la réouverture d’un certain nombre d’activités commerciales (restaurants, hôtels, discothèques, etc.) et l’autorisation des manifestations de plus de 30 personnes, la production totale des boissons gazeuses et alcoolisées a augmenté de 10,6% pour se situer à 3 millions d’hectolitres.
De même, la branche d’eau minérale renforce ses résultats à fin décembre 2021 par l’accroissement concomitant de sa production (+2,9%) et de son chiffre d’affaires (+2,5% à 21,86 milliards de FCFA). Parallèlement, l’ensemble des indicateurs des huiles et corps, à l’exception des savons et de la stéarine, sont positifs suite au regain de la demande domestique et extérieure.
Les unités de transformation du bois, dans leur globalité, ont enregistré un relèvement de leur activité au terme de l’année 2021. En effet, la production de bois débités a fortement progressé (+33,9% à 1 346 136 m3), en lien avec l’amélioration du rendement des unités de production et le bon approvisionnement en grumes des usines installées dans la zone de Nkok.
Dans le même temps, la branche des Autres industries a bien redémarré, notamment en ce qui concerne la chimie, portée par l’embellie dans la sous-branche de production des peintures dont l’activité est corrélée à celle des BTP et de l’industrie pétrolière. La bonne tenue de la branche des Autres industries a également été soutenue par l’accroissement de la production de la seconde transformation des métaux (+24,5% à 20205,9 tonnes de tôles) et par l’industrie minière, notamment la production d’alliages manganèse qui a cru de 11,6% à 41 040 tonnes et celle de la fonderie (+19,5% à 4685,4 tonnes).
Les résultats enregistrés dans la production d’alliages manganèse sont liée à la bonne orientation de la production de silico manganèse, car l’activité d’électrolyse de manganèse métal a définitivement cessé en septembre 2020.
Dans le sillage de la dynamique enregistrée dans les autres branches, l’activité de raffinage du pétrole s’est soldée par des résultats appréciables relevés au niveau de la quantité de brut traité (+14,7% à 956 979 tonnes métriques) soutenue par un approvisionnement régulier de l’usine en brut, même si l’on observe un accroissement de 25,5% des importations de produits pétroliers pour faire face au gap occasionné par l’arrêt technique et ainsi répondre à la demande.
Le secteur de l’énergie a également consolidé ses résultats sur l’électricité et l’eau. En effet, la production nette d’électricité s’est stabilisée à 2 404,4 Gwh (+0,3%), grâce au relèvement de la production de la SEEG (+1,3%), les achats auprès de la Société de Patrimoine ayant reculé de 2,9%. La production cumulée de l’eau potable s’est redressée de 4,6% à 122,57 millions de m3, grâce à la mise en service de la nouvelle station CIMGABON 2 depuis le mois d’avril 2021
L’activité de la branche BTP a été bien orientée au cours de l’année 2021, soutenue par le segment bâtiment et travaux publics, notamment les travaux de la Transgabonaise, l’aménagement de voiries urbaines, la construction de nouvelles écoles, d’amélioration de l’adduction d’eau. En conséquence, le chiffre d’affaires a augmenté de 18,1% en glissement annuel, à 72,3 milliards FCFA.
La reprise de l’activité dans le tertiaire est plus mitigée que dans le secteur industriel. En effet, on note un accroissement des performances au niveau du transport dans la quasi-totalité de ses composantes, notamment le transport aérien dont les mouvements commerciaux et le nombre de passagers ont progressé respectivement de 23,5% et 43,5%, le transport ferroviaire (+9,8% du volume de marchandises transportées) et l’activité portuaire (+13,8 % de mouvements des bateaux et +14,3% de tonnes de marchandises transportées à GSEZ).
De même, les indicateurs de suivi sont en nette amélioration au niveau des télécommunications. En effet, le nombre total d’abonnés au téléphone a augmenté de 3,3% à 3,176 millions de personnes, une nouvelle fois porté par le relèvement significatif du nombre d’abonnés au téléphone fixe (+34,8%).
A contrario, au niveau du commerce, le volet structuré et la vente des véhicules continuent de souffrir des effets de la crise sanitaire, tandis que le commerce des produits pétroliers et celui des produits pharmaceutiques ont amorcé une remontée.
La branche des autres services a eu des résultats satisfaisants, au regard de l’évolution de son chiffre d’affaires global, en dépit de la contreperformance des services aux entreprises.
Concernant le système bancaire, sur la période d’analyse, le total agrégé des bilans des banques a augmenté de 15,2% à 3 266,6 milliards de F CFA contre 2 835,6 milliards un an plus tôt. Cette évolution est essentiellement liée à l’accroissement des dépôts de la clientèle (+8,1% à 2 353,9 milliards de F CFA) et des capitaux permanents (+19,4%).
Les crédits bruts distribués se sont consolidés de 16% à 1 854,2 milliards de F CFA contre 1 598,1 milliards à fin 2020, tirés essentiellement par la hausse des crédits accordés au secteur privé (+16,9% à 1 324,4 milliards de F CFA).
Avec un nombre de plus en plus grandissant de comptes actifs, l’activité mobile money affiche en 2021 une hausse de l’ordre de 12% de son chiffre d’affaires, à 8 milliards 899 millions de FCFA contre 7 milliards 932 millions de FCFA à la même période en 2020.
A fin 2021, en moyenne annuelle, l’inflation nationale s’est située à +1,1% contre +1,35% en 2020. Ce taux reste de nouveau inférieur à la norme communautaire (+3%). En décembre 2021, le taux en glissement mensuel a connu une légère augmentation de 0,1 point de pourcentage à 1,7% par rapport au mois de décembre 2020.
Cette atténuation provient essentiellement des Produits alimentaires & Boissons non alcoolisées (+1,3% contre +1,7%), des Transports (+2,5% contre +7,0%), des Communications (+0,3% contre +2,1%), des Loisirs et Culture (+0,2% contre +0,4%) et de l’Enseignement (+2,6% contre +2,7%).
En termes de compétitivité globale et comparativement à nos principaux partenaires économiques, le différentiel d’inflation est favorable au Gabon en 2021 en particulier avec la France et les Etats-Unis. En effet, les écarts d’inflation se sont situés comme suit : -0,5 par rapport à la France et -5,9 par rapport aux Etats-Unis. En outre, avec la Chine, l’écart d’inflation s’est situé à +0,2.
En matière d’emploi, le nombre de salariés dans le secteur public a augmenté de 2,6% pour s’établir à 100 295 agents par rapport à fin décembre 2020. Cette situation s’explique par la hausse des effectifs de la Fonction publique (+3,6%), nonobstant le fléchissement du nombre d’agents de la main d’œuvre non permanente (-3,6%). La masse salariale a suivi la même tendance (+0,8%) pour se situer à 651, 6 milliards de FCFA.
Malgré les distorsions persistantes dans la logistique internationale, les échanges commerciaux ont progressé de 3,6% à 4 494,2 milliards de FCFA entre janvier et décembre 2021, suite à la hausse des exportations (+8,1%), malgré le repli des importations (-6,7%).
Dans ce contexte, la balance commerciale demeure excédentaire et en progression de 19,7% à 2 024,8 milliards de FCFA. En conséquence, le taux de couverture a augmenté de 36,1 points.



















