Selon les données des douanes françaises, les échanges de marchandises entre la France et les pays de la CEMAC se sont élevés à 3,0 milliards d’euros en 2024, en recul de 15 % par rapport à 2023, mais en forte hausse de 50 % par rapport à cinq ans auparavant, témoignant ainsi d’un renforcement des relations commerciales avec la zone sur le moyen-terme.
Après deux années de déficits, le solde commercial de la France avec les pays de la CEMAC (-301 millions d’euros en 2022 et -190 millions d’euros en 2023) revient à un excédent en 2024 (+216 millions d’euros). Cette inversion du solde résulte principalement de l’évolution avec le Cameroun, passant d’un déficit de -343 millions d’euros en 2023 à un excédent de +58 millions d’euros en 2024, de l’augmentation de l’excédent avec le Gabon (de +277 millions d’euros en 2023 à +454 millions d’euros en 2024) et, dans une moindre mesure, de la réduction du déficit avec la Guinée équatoriale (de -163 millions d’euros en 2023 à -111 millions d’euros en 2024).
Cependant, les excédents avec le Congo et la RCA ont légèrement reculé, passant respectivement de +314 millions d’euros en 2023 à +305 millions d’euros en 2024, et de +22 millions d’euros en 2023 à +19 millions d’euros en 2024, tandis que le déficit avec le Tchad s’est accentué, passant de -297 millions d’euros en 2023 à -510 millions d’euros en 2024.
Les exportations françaises de marchandises vers les pays de la CEMAC ont enregistré une baisse de 4,4 %, s’établissant à 1 627 millions d’euros. Cette diminution confirme la persistance du ralentissement entamé en 2022, après une baisse continue depuis 2012, accentuée entre 2014 et 2017 par la crise des matières premières. La baisse des exportations françaises est généralisée à travers les pays de la CEMAC : les ventes vers le Cameroun ont diminué de 4 %, totalisant 551 millions d’euros.
De manière analogue, les exportations vers le Gabon ont régressé de 3,8 %, atteignant 566 millions d’euros. Le fléchissement a été plus modéré au Congo, de l’ordre de 1,3 % à 362 millions d’euros, tandis que le Tchad a connu une contraction plus marquée de 9,6 %, réduisant ses importations à 106 millions d’euros. La Guinée équatoriale et la République Centrafricaine ont également subi des réductions très marquées dans les exportations françaises, avec des baisses de 17,3 % et 28,2 % respectivement, portant les montants à 21 millions d’euros pour chacun.
L’évolution des exportations françaises vers les pays de la CEMAC révèle des disparités notables selon les secteurs. Les secteurs ayant le plus impacté la baisse globale des ventes incluent les équipements mécaniques, le matériel électrique, électronique et informatique, qui ont reculé de 1,4 % et représentent 28 % du total des exportations. Les produits pharmaceutiques ont également vu leurs exportations diminuer de 4 %, constituant 12 % du total.
Par ailleurs, les produits issus de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche et de l’aquaculture ont enregistré une chute significative de 12 %, retournant à des niveaux antérieurs aux perturbations des chaînes d’approvisionnement engendrées par le conflit en Ukraine. Le blé français a joué un rôle crucial en compensant partiellement la réduction des échanges avec l’Ukraine et la Russie pour les pays de la CEMAC.
En outre, les ventes de matériels de transport ont subi une baisse de 17 %, constituant 6 % des exportations totales. En contrepartie, les industries agroalimentaires (IAA) ont atténué la contraction générale avec une progression de 4 % des ventes, représentant 24 % du total des exportations. Les exportations de produits chimiques et cosmétiques ont également augmenté de 5 %, pesant pour 8 % du total.
Les importations françaises depuis la CEMAC ont enregistré une baisse (25,4 % à 1,4 milliards d’euros) nettement plus marquée que celle des exportations. Cette réduction résulte principalement d’une diminution de 42 % dans les achats totaux d’hydrocarbures qui représentent le principal poste d’importations françaises avec environ 62 % du total, atteignant 874 millions d’euros.
Cette tendance est associée à la fois à une diminution de la production des principaux pays producteurs de la zone et à un recul des cours pétroliers depuis 2022, année de tous les records. Il convient de noter que les importations d’hydrocarbures présentent une volatilité significative, tant en volume qu’en valeur, illustrée par des fluctuations marquées : de 3,2 milliards d’euros en 2012 à 0,5 milliards d’euros en 2019.
Hors hydrocarbures, les importations de la France depuis la CEMAC se sont élevées à 537 millions d’euros, marquant une croissance de 31 % sur un an. Cette hausse est principalement due à l’augmentation significative des importations en provenance du Cameroun, qui ont grimpé de 67 % pour représenter 74 % du total hors hydrocarbures.
À l’opposé, les achats hors hydrocarbures depuis le Gabon ont reculé de 10 %, représentant 14 % du total. Des diminutions ont également été enregistrées depuis le Congo (6 % du total) et le Tchad (5 % du total). Ces importations comprennent essentiellement des produits des industries agroalimentaires (249 millions d’euros), des produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (139 millions d’euros) et du bois, du papier et du carton (120 millions d’euros).



















