Les échanges dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ont commencé le 1er janvier 2021. Ils s’inscrivent dans le cadre d’un régime commercial libéralisé qui conduirait progressivement à un marché continental intégré avec des droits de douane supprimés sur 97% des lignes tarifaires d’ici 10 à 13 ans.
Selon Pomy Ketema, avocat chez Baker McKenzie à New York, « La ZLECAf) est l’un des plus grands blocs commerciaux au monde, la majorité des pays africains opérant désormais dans son cadre commercial préférentiel ». C’était à la faveur des discussions portant sur les derniers développements de cet accord et de la manière dont les entreprises africaines peuvent bénéficier de cette ZLECAf.
Selon M. Ketema, « la ZLECAf couvre à la fois les biens et les services, et fournit une plate-forme pour les pays individuels ou les Communautés économiques régionales (CER), selon le cas, pour s’engager dans le commerce intra-africain, par le biais d’offres de concessions tarifaires et d’engagements de service avec le traitement réciproque de la nation la plus favorisée ».
De son avis, « Il existe déjà un certain degré de libéralisation du commerce et d’intégration dans le cadre des huit CER reconnues par l’Union africaine et d’autres unions douanières et monétaires qui existent ailleurs sur le continent. À ce jour, il a été signalé que 41 pays et les CER, dont la SACU, la CAE, la CEMAC et la CEDEAO, ont soumis leurs offres tarifaires et leurs engagements de services. Certes, le processus de mise en œuvre a été plus lent que prévu, les listes tarifaires étant toujours mises à jour et les procédures administratives en cours de déploiement ».
Dans ce cadre, des négociations se poursuivent sur la manière d’ouvrir le secteur des services. Les cinq secteurs prioritaires pour la libéralisation au sein de la ZLECAf comprennent les services aux entreprises, la communication, les services financiers, les transports et le tourisme. La deuxième phase de libéralisation des services devrait couvrir les autres secteurs.
Selon certaines estimations, les services représentent environ 60% du commerce intra-africain total, ce qui est substantiel à la lumière du PIB global du continent d’environ 3 billions USD. Avec les capacités technologiques émergentes de l’Afrique et l’infrastructure existante limitée à éliminer progressivement, les services fournis numériquement semblent être l’opportunité d’expansion à grande échelle la plus logique. Cela dépendrait toutefois largement du succès des négociations qui maintiennent au minimum les restrictions sur les services transfrontières.
En ce qui concerne les marchandises, les secteurs qui devraient bénéficier immédiatement de la libéralisation des échanges comprennent l’agro-industrie, l’automobile, les produits pharmaceutiques, les textiles, les produits chimiques et la valorisation des minéraux. De nombreuses économies africaines dépendent fortement des exportations de matières premières. Par conséquent, le manque de produits complémentaires adaptés au commerce pourrait être un obstacle jusqu’à ce qu’une nouvelle industrie se développe. On s’attend à ce que les pays aux économies importantes et diversifiées qui disposent de capacités de fabrication bénéficient le plus de la ZLECAf.































