La Banque africaine de développement (BAD) a organisé la 4ème édition annuelle du Forum mondial sur les infrastructures du 6 au 8 octobre 2020.
Cette rencontre virtuelle axée sur le thème : « Assurer la durabilité et la résilience dans la période d’après Covid-19 », a réuni les responsables gouvernementaux, les acteurs du secteur privé et les représentants des institutions multilatérales de développement autour de la nécessité de renforcer le développement en infrastructures en Afrique durant la pandémie de Covid 19.
Cet atelier s’est déroulé sous la forme d’une table-ronde, consacrée aux rôles essentiels que peuvent jouer les gouvernements, les prêteurs multilatéraux et le secteur privé dans la construction d’infrastructures indispensables au regard du contexte économique rendu plus difficile par la situation sanitaire.
De cette rencontre, il ressort que « la pandémie de Covid-19 n’a fait qu’accroître le besoin, déjà urgent pour l’Afrique, de dépenses pour des infrastructures supplémentaires ». Dans ce droit fil, la BAD estime les besoins de financement des infrastructures de l’Afrique à 170 milliards de dollars américains par an d’ici à 2025. Quant au déficit de financement, il s’estime à 108 milliards de dollars par an.
Le séminaire comptait, parmi ses intervenants, Lamine Lo, directeur du financement et des partenariats publics-privés au ministère de la Planification et de la Coopération économiques du Sénégal, Solomon Quaynor, vice-président en charge du Secteur privé, des infrastructures et de l’industrialisation à la Banque africaine de développement, Jérôme Jean Haegeli, économiste en chef et directeur général du groupe Swiss Re, et Srinivas Sampath, responsable du groupe thématique PPP à la Banque asiatique de développement.
Lors de son intervention, Solomon Quaynor a indiqué que les pays d’Afrique ne disposaient pas des ressources budgétaires suffisantes comme les pays riches, qui leur permettraient d’atténuer les effets de la pandémie. Il a également relevé que la pandémie posait aussi des problèmes à des institutions comme la Banque africaine de développement : « Nous allons devoir innover et trouver de meilleures méthodes pour préparer les projets. Nous allons devoir créer des outils d’atténuation des risques car une grande partie du secteur privé ne sera pas prête à s’exposer aux risques encourus face aux obligations des gouvernements sans contre garantie.», a-t-il indiqué.
La session des questions réponses a permis aux intervenants de présenter certains projets innovants mis en œuvre et de faire part de leurs prévisions sur le changement climatique, le recyclage des infrastructures et l’utilisation des fonds de pension et des fonds souverains pour développer les infrastructures.
S’agissant du rôle des gouvernements dans la création d’un environnement favorable, Lamine Lo a présenté une liste de priorités du Sénégal pour l’après Covid 19, en incluant les secteurs de la santé, de l’agriculture, de l’éducation et de la pharmacie, « en raison des enseignements tirés de la pandémie, mais aussi de la nécessité de bâtir une économie durable. »
De l’avis unanime de tous les intervenants, les institutions multilatérales de développement (IDM), notamment la Banque africaine de développement et la Banque asiatique de développement, ont un rôle essentiel à jouer dans la préparation des projets d’investissement, par de nouvelles sources de financement et le soutien au recyclage des actifs.
Dans leurs conclusions, les intervenants se sont montrés à la fois réalistes et optimistes, tout en rappelant la nécessité de changement et de collaboration. « Nous devons remplir le réservoir du moteur de l’économie mondiale. Pendant que nous faisons le plein, changeons le moteur et installons des batteries neuves. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin d’infrastructures durables. Cela est essentiel pour la reprise mondiale !», a proposé Jérôme Jean Haegeli.





























