La pandémie actuelle de coronavirus a mis à nu la situation alarmante des systèmes de santé africains et leur manque de préparation pour faire face à une pandémie comme la Covid–19.
Cette situation impose une réforme urgente de la prestation de soins et des systèmes de santé, notamment au niveau du financement. La plupart des pays africains souffrent d’une grave pénurie de travailleurs de la santé, ce qui limite gravement leur capacité à intervenir efficacement face à la pandémie de Covid–19.
Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande au moins 100 médecins pour 100 000 habitants afin d’assurer une couverture adéquate au niveau des soins primaires, seuls la Libye, l’Île Maurice et la Tunisie avaient atteint cet objectif en 2017.
Le Burkina Faso, le Burundi, la République centrafricaine, le Liberia et le Mozambique comptaient moins de 10 médecins pour 100 000 habitants. De plus, les dernières données disponibles indiquent que plus de 20 pays disposent de moins d’un lit d’hôpital pour 1 000 habitants, dont l’Angola, l’Éthiopie, le Ghana, le Nigéria, le Sénégal et la Tanzanie.
Tandis que l’Afrique supporte un lourd fardeau des maladies, notamment en raison de son emplacement tropical, son industrie pharmaceutique fabrique moins de 2 % des médicaments qu’elle consomme. Les budgets modestes alloués au secteur de la santé public constituent l’un des principaux motifs de l’état actuel des systèmes de santé africains.
En 2001, les pays africains ont convenu, dans la Déclaration d’Abuja, de consacrer au moins 15 % de leurs budgets nationaux aux systèmes de santé. Plusieurs décennies plus tard, seuls six pays (Botswana, Burkina Faso, Malawi, Niger, Rwanda et Zambie) ont respecté cet engagement budgétaire.
En 2017, les dépenses de santé totales représentaient 6,3 % du PIB de l’Afrique, contre une moyenne mondiale de 9,9 % : 6,6 % en Asie de l’Est et dans le Pacifique, 8,1 % en Amérique latine et dans les Caraïbes et 16,6 % en Amérique du Nord. Sur les 52 pays africains pour lesquels des données étaient disponibles en 2017, 34 n’avaient pas atteint le niveau recommandé par l’OMS (86 USD) de dépenses publiques de santé par habitant.
En raison de la faiblesse des dépenses publiques de santé, les dépenses à la charge des patients ont augmenté avec pour résultat l’exclusion complète de nombreux ménages pauvres du secteur de la santé moderne, et pour d’autres l’enfoncement dans la pauvreté faute de traitement ou en raison d’un endettement accru.
En outre, de nombreux résultats relatifs à la santé (mortalité infantile et maternelle, retard de croissance et VIH) ne se sont pas suffisamment améliorés en Afrique ou n’ont pas rattrapé ceux d’autres régions du monde. Une autre raison de l’état des soins de santé en Afrique est le faible taux d’inscription dans les programmes de formation en santé dans de nombreux pays, ce qui aggrave la pénurie de personnel de la santé.
Les données disponibles indiquent que le pourcentage d’étudiants africains inscrits dans des formations de santé et d’aide sociale variait entre 0,4 % au Burkina Faso en 2017 et 2 % au Congo, 3,2 % au Maroc, 10,1 % au Lesotho et 12,1 % aux Seychelles.
En outre, les étudiants qui obtiennent leur diplôme dans la santé n’exercent souvent pas dans le secteur public et optent pour d’autres formes d’emploi en raison de salaires peu attrayants par rapport au secteur privé, d’une pénurie de programmes de formation ou de la mauvaise qualité de la plupart des établissements publics de soins primaires.





























