Des ministres africains, des représentants d’institutions continentales, du secteur privé et de partenaires au développement, ont appelé à l’occasion du Forum ministériel sur les minéraux critiques, les chaînes de valeur et la valorisation tenu le 10 juillet 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à faire des minéraux critiques un puissant levier de transformation économique, d’industrialisation et de création d’emplois pour les femmes et les jeunes en Afrique.
Dans une déclaration publiée à l’issue de cette rencontre organisée par le Groupe de la Banque africaine de développement, les participants ont souligné que le continent doit tirer davantage de dividendes de ses abondantes ressources minérales en développant des chaînes de valeur régionales, des capacités locales de transformation et des industries compétitives, plutôt que de continuer à exporter principalement des matières premières brutes.
L’Afrique détient environ 30 % des gisements minéraux les plus critiques au monde, notamment le cobalt, le lithium, le graphite, les terres rares, les métaux du groupe du platine, le cuivre, le manganèse et le nickel. Pourtant, le continent continue à exporter des minerais bruts et non transformés, ne captant qu’une part infime de la valeur économique totale de ses propres ressources.
Cette situation perpétue un modèle d’extraction qui déplace la création d’emplois à l’extérieur du continent, des capacités industrielles et du savoir-faire technologique. La fragmentation des approches nationales affaiblit encore davantage le pouvoir de négociation de l’Afrique au sein des chaînes de valeur minière mondiales, réduisant ainsi son influence stratégique alors qu’elle devrait être maximisée par la construction de chaînes de valeur régionales.
Les participants ont insisté sur la nécessité de mettre en place un environnement propice à la transformation locale des minerais critiques, notamment à travers des investissements dans les infrastructures énergétiques et de transport, une meilleure connaissance des ressources géologiques, des politiques publiques cohérentes, un cadre réglementaire favorable aux investissements et une gouvernance renforcée des ressources naturelles.
Intitulé « Forum ministériel sur les minéraux critiques, les chaînes de valeur et la valorisation : les voies de transformation pour l’Afrique », la rencontre a regroupé des ministres africains chargés des Mines, de l’Énergie, de l’Industrie, des Ressources naturelles et de l’Économie verte, ainsi que des représentants de la Commission de l’Union africaine, de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine, des banques régionales de développement, du secteur privé et de partenaires techniques.
Jeremy Wiggins, secrétaire adjoint aux Affaires internationales au Département du Trésor des États-Unis et Shuichi Hosoda, vice-ministre adjoint chargé des Affaires internationales au ministère des Finances du Japon se sont également joints à la rencontre.



















