L’analyse est du Fonds monétaire international (FMI) qui vient d’approuver un accord triennal d’un montant de 115,1 millions de dollars, au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) en faveur de la République centrafricaine
Au cours de cette activité, le conseil d’administration du Fonds a présenté une analyse de l’évolution économique récente du pays. Et selon les termes dudit rapport, le programme de politique économique et de réforme des autorités de la République centrafricaine (RCA), mis en œuvre dans le cadre de l’accord triennal au titre de la FEC qui a pris fin en juillet dernier, a permis de rétablir la croissance économique, de réduire les déséquilibres budgétaire et extérieur et de renforcer l’administration publique.
Dans l’ensemble, l’évolution économique récente est satisfaisante : la croissance devrait retrouver un niveau de 4½ % pour l’année 2019, portée principalement par les industries extractives, la sylviculture et le BTP. Les pressions inflationnistes dues au blocage de l’axe commercial principal entre Bangui et le Cameroun s’étant atténuées, l’inflation ne devrait pas dépasser 3¼ % en moyenne en 2019 et rester inférieure à 3 % en 2020.
Le déficit du compte courant devrait baisser pour atteindre 5,6 % du PIB en 2019, principalement du fait d’une augmentation des transferts officiels. Le secteur bancaire reste bien capitalisé, liquide et rentable, bien qu’en septembre 2019, le crédit au secteur privé ait baissé de 3 % en glissement annuel. La mise en œuvre des réformes structurelles a également progressé. Les avancées permises par l’accord de paix signé en février 2019 restent précaires.
Dans l’ensemble, la RCA demeure dans une situation de grande fragilité, caractérisée par une insécurité chronique, une capacité administrative limitée, une mauvaise gouvernance et un manque de cohésion sociale.
Quid du programme avec la FMI?
Le programme facilitera la mise en œuvre de l’accord de paix et de la stratégie de développement à moyen terme de la RCA. La politique budgétaire s’attachera à accroître les recettes, à hiérarchiser les dépenses et à consolider la gestion des finances publiques, de manière à permettre, à moyen terme, de répondre de façon viable aux besoins de financement considérables de la RCA dans le domaine social ainsi qu’en matière de sécurité et d’infrastructures. Les réformes structurelles auront pour objectif d’améliorer la capacité de l’État à formuler et à mettre en œuvre les politiques et les réformes nécessaires, de renforcer la gouvernance et d’éliminer les goulots d’étranglement et les obstacles réglementaires à l’investissement privé.
Les perspectives à moyen terme demeurent globalement favorables, pourvu que la sécurité soit maintenue. Compte tenu de la lenteur de la mise en œuvre de l’accord de paix prend du temps. Aussi, les projections macroéconomiques écartent l’hypothèse d’une résurgence du conflit mais tiennent compte du fait que la paix est encore loin d’avoir porté tous ses fruits.
La croissance devrait atteindre 5 % à moyen terme sous l’effet de la reprise du secteur minier, de la mise en œuvre de réformes structurelles et de la réduction progressive des blocages dans les secteurs de l’énergie et des transports. A moyen terme, l’inflation devrait rester inférieure au plafond de 3 % fixé par la CEMAC.
Le déficit du compte courant est censé se stabiliser autour de 5½ % du PIB, étant donné que l’amélioration du solde des biens et services devrait globalement compenser la baisse des transferts officiels. Le solde primaire intérieur devrait se stabiliser autour de 2½ %, ce qui permettrait au ratio dette/PIB de baisser progressivement. Face à des recettes moins abondantes que prévu, les autorités sont déterminées à maîtriser le solde primaire intérieur.
Ce nouveau programme permettra de catalyser des financements concessionnels extérieurs d’autres partenaires de développement, ce qui est décisif pour permettre à la RCA de sortir de sa situation de fragilité. Le FMI poursuivra également ses nombreuses activités de développement des capacités dans des domaines correspondant aux objectifs du programme.
Cependant, des risques élevés continuent de peser sur ces perspectives économiques. Les incertitudes et les pressions politiques pourraient nuire à la mise en œuvre des politiques et des réformes à l’approche des élections présidentielles et législatives de 2020–21. De plus, une nouvelle flambée de violence pourrait aggraver la crise humanitaire et l’instabilité politique.






























