Doté d’énormes ressources naturelles, le Gabon est l’un des pays les plus riches d’Afrique. Mais il peine à diversifier une économie qui dépend encore trop fortement de son pétrole, moteur clé de son développement. Pour inverser cette déplorable tendance, tout en tenant compte du contexte, le Gabon a décidé de construire une économie de rente à une véritable économie de production, fondée sur la création d’emplois décents et le partage équitable de la prospérité. Le pays s’est même fixé l’échéance 2050, pour atteindre cet objectif. Pari osé, mais pas impossible au regard des atouts dont regorge le pays.
Pour ce faire, plusieurs orientations stratégiques sont proposées, organisées autour de trois axes principaux : la transformation de la fonction de production, la diversification structurelle de l’économie et l’adoption d’une gestion financière publique saine…
Transformation de la fonction de production
Il s’agit d’abord de créer une synergie entre les différents facteurs de production – capital privé, travail, capital public (infrastructures) et capital naturel – pour dynamiser l’économie. A cet effet, pour conforter le capital privé, le Gabon compte ainsi renforcer le processus d’amélioration du climat des affaires en mettant en place un environnement propice à l’investissement privé à travers plusieurs mesures : rendre la fiscalité plus attractive, faciliter l’accès au financement, simplifier les démarches administratives, lutter contre la parafiscalité abusive, sécuriser le capital privé par un cadre juridique adéquat, et créer un cadre de vie agréable pour les opérateurs économiques et leurs familles.
Le facteur travail sera mis dans des conditions favorables pour que sa combinaison avec le capital puisse être optimale. Dans ce cadre, une attention particulière sera portée sur sa disponibilité, sa productivité élevée grâce à une meilleure formation des talents, à l’adéquation entre la formation et l’emploi, ainsi qu’à un traitement salarial adéquat.
Par ailleurs, la disponibilité et la qualité du capital public faciliteront les interactions entre les agents économiques, tout en conduisant au bien-être de la population. Des projets structurants tels que la construction d’un réseau autoroutier interconnectant toutes les villes du pays (Gabon autoroutes), l’amélioration des routes entre villages et communes, la modernisation des voiries urbaines, la rénovation des ports (Libreville, Port-Gentil) et la construction d’un port en eau profonde à Mayumba sont envisagés. De plus, des travaux sont prévus sur les chemins de fer et les aérodromes pour renforcer le maillage territorial.
Le secteur énergétique sera également consolidé via un mix énergétique, à moindre coût, garantissant un accès illimité à l’électricité et à l’eau potable pour les industries et les ménages. Les infrastructures éducatives, sanitaires et numériques seront modernisées afin de soutenir les pôles de croissance régionaux et améliorer le bien-être des populations.
Enfin, une meilleure valorisation du capital naturel par une transformation locale accrue des ressources (hydrocarbures, bois, minerais, etc.) est également une priorité pour augmenter la valeur ajoutée nationale et créer davantage d’emplois. Un nouveau code minier et des lois interdisant l’exportation de ressources naturelles non transformées sont promulguées. L’Etat met en place une stratégie d’investissements publics dans le secteur des matières premières pour en faire un levier de la souveraineté économique nationale et de prospérité partagée.
Diversification sectorielle de l’économie
Le Gabon entend sortir de sa dépendance aux ressources naturelles en dynamisant de nouveaux secteurs : agro-industrie, tourisme, pêche, numérique, biotechnologies, économie verte et bleue. Il s’agira notamment de relancer les filières agricoles (vivrières et d’exportation), de renforcer la pêche industrielle, de promouvoir le tourisme balnéaire et écologique, et d’appuyer l’innovation numérique par la création de zones franches pour les start-ups.
Parallèlement, des stratégies de développement durable viseront à concilier la préservation de l’environnement et le développement économique dont le pays a besoin : développement d’une économie verte et bleue, gestion durable des ressources halieutiques et extractives, redéfinition du code minier, et implication accrue des nationaux dans les chaînes de valeur.
Parallèlement, des stratégies de développement durable viseront à concilier la préservation de l’environnement et le développement économique dont le pays a besoin : développement d’une économie verte et bleue, gestion durable des ressources halieutiques et extractives, redéfinition du code minier, et implication accrue des nationaux dans les chaînes de valeur.


















