Selon de nombreux observateurs, le Gabon semble actuellement faire face à un dilemme cornélien entre son retour aux fourches caudines du Fonds monétaire international (FMI) et ses propres impératifs sociaux. De toute évidence, la marge de manœuvre pour cette opération s’avère si étroite pour les autorités de Libreville.
En effet, après trois années de gel, le Gabon et son traditionnel partenaire multilatéral de Bretton Woods, ont officiellement scellé leurs retrouvailles fin janvier 2026. Seulement, pour Jean Fréderic NDONG ONDO, « Si ce nouvel accord redonne de l’oxygène aux finances publiques et rassure les créanciers internationaux, une question demeure : à quel prix pour le quotidien des Gabonais ? » Dans son analyse qui s’apparente étrangement à une alerte, il met en exergue quatre centres d’intérêts qui méritent un tant soit peu, une particulière attention.
Le retour en grâce sur la scène financière
Pour les marchés, le signal est fort. En décrochant un accord de principe avec les services du FMI, Libreville valide son retour dans le giron de la finance orthodoxe. Cette caution de l’institution de Washington est le sésame indispensable pour rassurer les détenteurs d’Eurobonds et faciliter le rééchelonnement d’une dette publique qui a atteint le sommet de 8 606 milliards de FCFA fin 2025.
La « potion amère » de la rigueur
Mais derrière la satisfaction diplomatique, la réalité technique est plus aride. Le programme s’articule autour d’une discipline macroéconomique stricte : réduction du déficit, rationalisation de la masse salariale et élargissement de l’assiette fiscale. Pour le FMI, l’objectif est clair, « il faut assainir les comptes pour garantir le remboursement des échéances futures ».
L’angoisse du « tout-économique »
C’est ici que le bât blesse pour le citoyen lambda. Historiquement, les recommandations du Fonds sont rarement synonymes de redistribution. La population craint que cette rigueur ne se traduise par une hausse du coût de la vie ou une baisse des investissements dans les services de base. D’autant que, selon les dernières projections de la Banque mondiale, la croissance actuelle du pays reste insuffisante pour inverser durablement la courbe de la pauvreté.
Humaniser l’accord : le défi du gouvernement
Conscient du risque d’instabilité sociale, le gouvernement de transition tente de jouer l’équilibriste. Malgré tout, l’accord FMI ne devrait pas se faire au détriment des ménages les plus fragiles. Reste à savoir si la marge de manœuvre laissée par Washington permettra de financer de véritables filets de sécurité sociale.
Par Jean Fréderic NDONG ONDO



















