Sosthène Nguema Nguema imprime ses marques au ministère des Mines après avoir fait bonne figure, selon les experts, au ministère du Pétrole. Sa séance de travail ce jour avec l’Administrateur directeur général de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), Léod-Paul Batolo, ce 19 janvier 2026, y va incontestablement de cette approche, au-delà du fait qu’elle s’inscrivait dans le cadre d’une prise de contact institutionnelle avec les responsables cette entreprise.
Selon des sources ministérielles, plusieurs enjeux stratégiques du secteur ont été abordés au cours de cette audience. Il s’agit notamment de la transformation locale du manganèse et les priorités fixées par le président Brice Clotaire Oligui Nguema à court, moyen et long terme. La question de la valeur ajoutée locale, centrale dans la politique industrielle gabonaise, a également été abordée, tout comme les performances et les défis du secteur.
Autrement dit, l’audience a permis de poser les bases d’un dialogue structuré entre l’administration et l’un des principaux opérateurs miniers du pays. Occasion tout aussi idoine pour Léod-Paul Batolo, d’inviter le membre du gouvernement à se rendre sur le site minier. Cela, afin d’appréhender les réalités industrielles et sociales de l’exploitation du manganèse. Une rencontre jugée somme toute constructive dans un contexte de refonte de la gouvernance minière gabonaise.
Un contexte de refonte de la gouvernance minière
Dans ce département ministériel, la tâche de Sosthène Nguema Nguema est bien loin d’être une sinécure. Il aura en effet, pour mission principale de consolider la politique gouvernementale dans le secteur minier. Laquelle consiste en une valorisation accrue des ressources par la transformation locale, la souveraineté économique et l’intégration avec le développement d’infrastructures. L’objectif étant de créer de la valeur ajoutée, diversifier l’économie et générer des emplois, tout en réorganisant le secteur sous l’égide du ministère des Mines.
La besogne s’avère d’autant plus ardue ce, du fait que les autorités gabonaises accordent une place de choix au secteur minier. Il constitue un des piliers de l’économie avec une contribution d’environ 6 % du PIB et un apport de près de 25 % au niveau des recettes d’exportation. Par ailleurs, le Gabon, riche en ressources naturelles, est devenu l’un des principaux acteurs du secteur minier en Afrique. Grâce à ses vastes réserves de manganèse, de fer, d’or et d’autres minéraux stratégiques.
S’agissant spécifiquement de la Comilog qui exploite le minerai de manganèse, cette filiale du groupe français Eramet, contribue activement au développement du pays, à travers ses retombées multiformes (salaires, d’achats locaux (sous-traitance), de taxes, redevances et de dividendes).
L’entreprise minière s’attache également à contribuer de manière positive pour ses communautés hôtes. Cela, à travers la responsabilité sociétale de l’entreprise dont la feuille de route repose sur quatre piliers. Le premier porte sur la vie locale (associative, sportive et culturelle). Le deuxième sur l’employabilité et la diversification économique. Tandis que le troisième concerne la santé publique et les infrastructures et le dernier, la mise d’un accent particulier sur l’accompagnement de la jeunesse.
En 2024 Comilog a réalisé un chiffre d’affaires de 718,1 milliards de FCFA avec une production avoisinant les sept millions de tonnes. Sa contribution globale à l’économie s’élève à 229,5 milliards de FCFA sur la période. Cette somme intègre notamment les impôts et taxes versés à l’État, ainsi que des achats locaux et de sous-traitance, illustrant l’intégration forte du Groupe dans le tissu économique national. L’impact en matière d’emploi est tout aussi significatif, avec plus de 10 462 emplois directs, dont 98,9 % issus du bassin local. La masse salariale, quant à elle a atteint 99 milliards de FCFA, témoignant d’un engagement durable pour la valorisation des compétences locales et la montée en expertise des équipes gabonaises.



















