On ne le dira jamais assez, le chemin vers le développement est parsemé de beaucoup et d’énormes embuches. Un énorme défi auquel, l’Afrique centrale est aujourd’hui confronté. Prouvant tout simplement que les investissements dans les infrastructures de transport et du numérique reliant les pôles économiques de la région s’avèrent aujourd’hui, plus que par le passé capitale, afin de favoriser la transformation productive de la sous-région.
Cette lecture est corroborée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans un document intitulé, « Dynamiques du développement en Afrique 2025 », et dans lequel, elle dresse une corrélation entre les infrastructures, la croissance et la transformation en Afrique centrale. https://www.oecd.org/fr/publications/dynamiques-du-developpement-en-afrique-2025_d9e3fcd9-fr/full-report/infrastructure-and-productive-transformation-in-central-africa_46f19eb4.html#chapter-d1e19329-dd4578035b
Selon l’organisation européenne, les pays d’Afrique centrale ont besoin d’investissements conséquents dans leurs infrastructures pour réaliser leur transformation productive. Pour atteindre le niveau de transformation productive de pays en développement comparables d’autres régions du monde, ils devraient ainsi effectuer un investissement d’environ 15 milliards par an jusqu’en 2040. En valeur absolue, il s’agit du montant le plus faible de toutes les régions du continent, du fait de la taille relativement modeste des économies d’Afrique centrale et des faibles besoins d’entretien associés à leurs parcs d’infrastructures limités.
Ce niveau reste néanmoins équivalent à 6.1 % du PIB régional en 2024, soit une proportion supérieure à la moyenne continentale, de 5.6 %. La République démocratique du Congo (RD Congo) compte pour 64 % de ces besoins d’investissement totaux, suivie du Tchad (12 %) et du Cameroun (8 %). La réalisation de ces objectifs d’investissement pourrait, d’après les estimations, faire progresser la croissance annuelle moyenne du PIB de la région de 6.2 points de pourcentage.
Sur la période 2016-20, toutefois, l’Afrique centrale a mobilisé la plus faible part de financements d’infrastructure de toutes les régions du continent, avec une moyenne de 6 milliards USD par an (soit seulement 7 % des engagements totaux en faveur du développement des infrastructures africaines).
L’augmentation des investissements dans les infrastructures de transport et du numérique s’avère primordiale pour relier les pôles économiques de la région. En termes de quantité comme de qualité des infrastructures, les pays d’Afrique centrale restent en deçà de la moyenne continentale, et ce dans tous les secteurs.
La connectivité limitée sur le plan des transports et du numérique demeure ainsi un obstacle majeur à l’intégration régionale, avec, en l’état, des pôles économiques très éloignés les uns des autres et fragmentés, souvent séparés par des zones écologiquement sensibles, comme les forêts du bassin du fleuve Congo. Pour l’heure, notamment, seuls 16 % des routes de la région sont revêtues et seuls 20 % environ de ses habitants ont accès à Internet selon la Banque africaine de développement (BAD).
Ces lacunes infrastructurelles limitent le commerce intra-régional, qui ne représente que 1.6 % des exportations totales de l’Afrique centrale en 2023.Pour des raisons similaires, la part des infrastructures de transport et du numérique dans les besoins d’investissements de la région s’élève à respectivement 74 % et 18 %



















