La Conférence des nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) vient de produire un rapport sur les politiques d’investissement en zone CEMAC pour la période 2014-2024. (https://unctad.org/system/files/official-document/diaepcb2025d3_fr.pdf=). Deux principales leçons sont à retenir de ce document qui présente la cartographie des flux d’Investissements directs étrangers (IDE) dans la sous-région.
D’abord, ils ont été essentiellement dirigés vers le secteur pétrolier. En outre, ils ont été largement influencée par le Congo. S’agissant spécifiquement de leurs destination, la CNUCED renseigne que les flux vers ce pays ont été, en moyenne, au moins deux fois supérieurs à ceux des autres membres de la CEMAC. Depuis 2014, le pays a plus que triplé son stock d’IDE et, malgré une chute brutale des flux entre 2021 et 2024, il détient actuellement 38 % du stock d’IDE de la région.
La Guinée équatoriale et le Gabon cumulent respectivement 21 % et 20 % du stock régional, et ce dernier, parmi les plus stables de la CEMAC en termes d’attraction des investissements, a plus que triplé son stock d’IDE depuis 2014. En revanche, la Guinée équatoriale a connu une volatilité marquée des flux d’IDE, entraînant une réduction d’un tiers de sa part dans le stock communautaire.
Le Tchad a pour sa part vu une forte progression des IDE au cours de la même période, plus que doublant son stock national d’IDE et affichant la meilleure performance en termes de croissance des flux moyens. Entre 2019 et 2024, le pays a attiré presque quatre fois plus d’IDE qu’au cours des cinq années précédentes, en raison notamment d’investissements dans le secteur pétrolier, les infrastructures et les services de télécommunications et bancaires. Les flux d’IDE ont également augmenté au Cameroun et en République centrafricaine, mais leur part dans le stock régional d’IDE reste inférieure à celle de 2014.
Les données désagrégées sur les IDE sont très limitées
Selon la CNUCED, celles-ci n’ont pas pu être identifiées pour l’élaboration de ce rapport. Les informations disponibles, basées en grande partie sur des annonces de projets, indiquent que la majorité des IDE se dirige vers les secteurs des hydrocarbures, des minéraux et du bois. Ils ont aussi contribué au développement d’industries locales, notamment dans les secteurs agricoles et alimentaires, y inclus la fabrication de textile-coton, la production d’huile de palme et de caoutchouc naturel, et la modernisation des abattoirs, ainsi que dans le raffinage, la production de matériaux de construction et la transformation du bois.
Les entreprises recevant des IDE sont aussi présentes dans une large gamme de services, incluant les technologies de l’information et de la communication, le transport et la logistique, les services financiers, les activités de conseil et d’assistance aux processus de business, le commerce de détail, l’écotourisme et l’hôtellerie. Par ailleurs, une partie des investissements étrangers dans la région provient de partenariats public-privé, d’accords internationaux de financement, d’aide au développement et d’autres formes de coopération financière, principalement dans les infrastructures énergétiques, y compris renouvelables, et de connectivité.

Des investisseurs de plusieurs continents sont présents dans la CEMAC
Les investissements dans le secteur extractif proviennent essentiellement de l’Autriche, du Canada, des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni, d’autres pays d’Europe de l’Ouest et du Nord, ainsi que de la Chine et de la République de Corée. Les investissements dans les services sont dominés par les pays d’Afrique du Nord et Moyen-Orient, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, Maurice, le Nigéria, le Sénégal, ainsi que des investisseurs intracommunautaires.
Les entreprises américaines, européennes et japonaises y sont aussi présentes. En ce qui concerne le secteur du bois, la France et les investisseurs asiatiques, notamment la Chine, l’Inde et Singapour, en sont les principaux contributeurs. Les investisseurs chinois deviennent les acteurs clés dans le développement des infrastructures de transport et d’énergie. Outre ces derniers, les principaux investisseurs dans les énergies renouvelables proviennent de l’Union européenne, des Émirats arabes unis et de Türkiye. Enfin, les investissements dans l’agriculture proviennent surtout des États-Unis, de Singapour, des Emirats arabes unis et du Qatar.



















