L’agence de notation Fitch Ratings vient d’abaisser la note de défaut émetteur à long terme en devises étrangères du Gabon de « CCC » à « CCC-» ainsi que sa note en monnaie locale à long terme, de « CCC » à « CC », en raison de graves problèmes de liquidité.
Cette dégradation reflète l’élargissement des déficits budgétaires, l’accès limité au marché régional de la dette, l’absence de financement des créanciers officiels et les obligations élevées de remboursement de la dette qui ont créé e graves tensions sur la liquidité gouvernementale et conduit à une augmentation des arriérés.
La capacité du Gabon à lever des fonds sur le marché régional de la dette de la CEMAC s’est considérablement affaiblie depuis le second semestre 2024. La majeure partie du financement du pays sur le marché régional cette année a eu lieu au premier trimestre 2025, lorsqu’il a bénéficié d’un traitement préférentiel avec une pondération de risque de 0% accordée par le régulateur bancaire COBAC. Depuis la fin de ce traitement préférentiel, la demande d’obligations gabonaises a diminué, plusieurs enchères en 2025 ayant des ratios offre/demande inférieurs à 50%.
Selon l’agence de notation, le gouvernement fait face à des remboursements de dette en monnaie locale de 8,0% du PIB en 2026 et 7,2% en 2027, contre des remboursements externes de 2,8% et 2,6% du PIB pour les mêmes périodes. dans ce cadre, elle prévoit que le déficit budgétaire du pays s’élargira à 6,1% du PIB en 2025, contre 3,7% en 2024, reflétant l’assouplissement de la position budgétaire depuis le changement de régime en août 2023. La nouvelle direction s’est concentrée sur l’augmentation des dépenses gouvernementales pour répondre aux pressions sociales.
En outre, Fitch s’attend également à ce que le gouvernement accumule des arriérés de 2,0% du PIB comme source de financement en 2025, entraînant un déficit de trésorerie de 4,1% du PIB. Les déficits budgétaires sont projetés à 4,1% en 2026 et 4,4% en 2027.
Les pressions sur la liquidité sont évidentes dans la récente accumulation d’arriérés externes. Entre décembre 2024 et septembre 2025, les arriérés envers les créanciers officiels ont augmenté de 0,7% du PIB. Ces arriérés externes compromettent l’accès à de nouveaux financements du secteur officiel. Les arriérés intérieurs envers les fournisseurs, qui s’élevaient à 13,2% du PIB fin 2024, devraient avoir augmenté en 2025.
Fitch ne s’attend pas à ce que le Gabon obtienne un nouveau programme du FMI, citant l’accumulation continue d’arriérés externes, une politique budgétaire expansionniste et l’exigence probable de changements politiques drastiques et impopulaires dans un environnement politique volatile.
Par ailleurs, la dette publique devrait augmenter considérablement pour atteindre 80,4% du PIB en 2025, contre 72,9% en 2024, avec de nouvelles hausses à 85,5% en 2026 et 86,7% en 2027. Ce niveau est bien supérieur à la médiane de 66% pour les pays de notation similaire.
Quand aux réserves de change mutualisées de la région CEMAC, elles sont tombées à 6.667 milliards de FCFA (11,5 milliards $) en août 2025, contre 7.294 milliards de FCFA (12,6 milliards $) fin 2024, réduisant la couverture des importations à 4,3 mois contre 4,8 mois.
Enfin, conclut Fitch, la croissance du PIB réel du Gabon devrait s’accélérer à 3,5% en 2025, en partie grâce à une politique budgétaire expansionniste, avant de ralentir à 2,7% sur la période 2026-2027 alors que les dépenses gouvernementales diminueront sous la pression des contraintes de financement.



















