En 2024, la taille des bilans et le Produit net bancaire (PNB) ont augmenté de respectivement 9,3% et 3,4% dans l’espace Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA) et de 11,5% et 9,4% dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Ces progressions masquent toutefois des vulnérabilités persistantes, notamment en matière d’exposition des banques au risque souverain. Si l’exposition des banques de l’UEMOA s’est stabilisée à 34,3% en 2024, celle des banques de la CEMAC a considérablement augmenté et est susceptible de rendre le secteur bancaire vulnérable à une éventuelle crise souveraine de liquidité d’un ou plusieurs États de la zone.
En CEMAC, le financement des États par le système bancaire a fortement augmenté, passant de 509 milliards XAF en 2011 à 5752 milliards en 2024, soit une multiplication par plus de onze en treize ans.
La situation prudentielle des banques des pays des Coopérations monétaires Afrique‑France (CMAF) ne s’est que marginalement améliorée en 2024, plusieurs établissements continuant de faire face à des difficultés. En UEMOA, le taux de créances en souffrance a légèrement reculé, passant de 9,2% en 2023 à 8,5% en 2024. Le ratio de solvabilité global s’est établi à 14,7% dans la région, soit un niveau supérieur à l’exigence réglementaire fixée à 11,5%. Toutefois, la proportion de banques conformes s’est réduite, de 87,6% en 2023 à 85,5% en 2024.
À l’inverse, en CEMAC, la qualité des portefeuilles s’est légèrement détériorée, avec un taux brut de créances en souffrance en hausse de 16,0% à 16,2%. La situation des fonds propres y demeure préoccupante ; 40,0% des banques ne disposent pas d’un niveau suffisant pour satisfaire l’ensemble des ratios prudentiels, et 16,4% (soit neuf banques) présentent un ratio de fonds propres nets inférieur au niveau minimum fixé à 10,5%.



















