Selon un récent rapport publié par l’Union africaine et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la sous-région Afrique centrale présente les dépenses publiques d’infrastructures les plus faibles du continent, soit 1.1 % du PIB, en moyenne, en 2019-20 – un niveau similaire à celui de l’Afrique du Nord (1.2 %), mais nettement inférieur à celui de l’Afrique australe (2.4 %).
Selon les termes dudit rapport, cette faiblesse des dépenses s’explique en partie par l’endettement des pays d’Afrique centrale, ceux-ci dépensant 3.5 fois plus au titre du service de leur dette (prêts en cours de remboursement et paiement des intérêts sur la dette souveraine) que pour leurs infrastructures. Ce ratio, certes similaire à la médiane de l’Afrique du Nord, est toutefois supérieur à ceux observés en Afrique de l’Est et de l’Ouest (2.5) ainsi qu’en Afrique australe.
Dans l’ensemble, le service de la dette médian a ainsi grimpé de 3.0 % des dépenses publiques en 2010 à 11.1 % en 2024, culminant même à 25 % en République du Congo. Les pays allouant une part plus importante de leur PIB aux infrastructures, comme le Cameroun (3.0 %) et la République centrafricaine (2.4 %), consacrent au service de leur dette des montants similaires à leurs dépenses d’infrastructure (Graphique 4.3).
À l’inverse, la RD Congo et le Gabon, qui consacrent moins de 1 % de leur PIB à leurs dépenses d’infrastructure, dépensent 7 à 9 fois plus au titre du service de leur dette que pour le développement de leurs infrastructures. Si le Gabon a vu le service de sa dette bondir de 13.6 % de ses dépenses publiques en 2010 à 46.6 % en 2020, la faiblesse des investissements de la République démocratique du Congo dans ses infrastructures pourrait refléter sa priorisation d’autres postes budgétaires.
Autrement dit, le poids de la dette sur les infrastructures en Afrique centrale est préoccupant. Car, plusieurs pays y consacrent une part de leur budget plus importante que pour le développement de leurs infrastructures elles-mêmes. Par exemple, en République démocratique du Congo et au Gabon, les dépenses liées au service de la dette dépassent largement celles consacrées aux infrastructures. Cette situation est aggravée par l’accroissement rapide du stock de dette et la nécessité de financer le développement des infrastructures, qui souffrent d’un manque de financement annuel estimé entre 10 et 30 milliards de dollars.



















