Les agrégats bilanciels des banques de la CEMAC sur la période 2020 à 2024 évoluent favorablement. C’est ce que renseigne le dernier rapport de la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC) couvrant l’année 2024. Selon les termes dudit rapport, dans l’ensemble, le secteur bancaire de la CEMAC garde son dynamisme. Cette performance est tributaire de l’accroissement des dépôts de la clientèle soutenue par le secteur privé. Cette performance est tributaire de l’accroissement des dépôts de la clientèle soutenue par le secteur privé.
Ainsi, les dépôts collectés s’élèvent à 17 995 milliards de FCFA (72,1 % du total de bilan) au cours de la période sous-revue. Soit une hausse de +8,2 % en variation annuelle. Ils proviennent principalement du secteur privé (72 %) et des administrations publiques (11,6 %) en 2024 contre 71,8 % et 11,5 % respectivement en 2023.
Selon leur maturité, les ressources à vue (y compris les comptes sur livret), enregistrent une augmentation de 12,8% au 31 décembre 2024 par rapport à fin décembre 2023. Elles s’établissent à 14 267 milliards de FCFA, soit 79,3 % du total des dépôts, contre 12 647 milliards de FCFA (76 %) douze mois plus tôt.
Constituées des comptes à terme et des comptes de dépôts à régime spécial (notamment les bons de caisse), les ressources à terme collectées auprès de la clientèle s’établissent à 2 989 milliards de FCFA, soit 16,1 % du total des dépôts, contre 3 771 milliards de FCFA, (19,1 %) au 31 décembre 2023. Elles régressent de 9 % par rapport au niveau atteint l’année précédente à la même date.
Les autres comptes créditeurs s’établissent à 839 millions de FCFA et représentent 4,7 % des dépôts de la clientèle. Les dépôts des administrations publiques augmentent de 164,7 milliards de FCFA, soit +8,6 % par rapport au 31 décembre 2023. Ils s’élèvent à 2 092 milliards de FCFA et représentent 11,6 % du total des dépôts, soit le même niveau qu’à fin décembre 2023.
Les dépôts des entreprises publiques sont déclarés à 960 milliards de FCFA, soit 5,3 % des dépôts collectés, équivalent au même poids observé douze mois plus tôt. Ils sont en hausse de 34 milliards de FCFA, à +3,7%, comparés à la situation à fin décembre 2023. Enfin, les dépôts du secteur privé représentent 72 % du total des dépôts contre 71,8 % douze mois plus tôt. S’établissant à 12 962 milliards de FCFA, ils sont en augmentation de 1 016 milliards de FCFA, soit +8,5 %, comparés à leur niveau de fin décembre 2023.
Par pays, l’évolution des dépôts s’observe ainsi qu’il suit : Cameroun (+605 milliards de FCFA, soit +7,2 %), Tchad (+419 milliards de FCFA, soit +28,6 %), Congo (+214 milliards de FCFA, soit +8,5 %), Guinée Equatoriale (+154 milliards de FCFA, soit +10 %), Centrafrique (+34 milliards de FCFA, soit +11,7 %). En revanche, l’on note une baisse au Gabon (-61 milliards de FCFA, soit -2 %).
L’analyse par pays met en évidence que les banques du Cameroun conservent une position dominante dans la collecte des dépôts dans la CEMAC, avec une part de 46,5 % en 2024, niveau quasi stable comparé à celui atteint par cet indicateur à 46,6 % un an auparavant.
Quant à la hausse des emplois de la clientèle, elle est tirée par le secteur privé. Les crédits bruts distribués à la clientèle ressortent à 12 501 milliards de FCFA au 31 décembre 2024. Ils augmentent de 759 milliards de FCFA, soit +6,5 % par rapport à leur niveau à fin décembre 2023. Toutefois, cette hausse reste plus faible que celle enregistrée entre 2022 et 2023 (+10,5 %). L’augmentation de l’encours des crédits est observée dans cinq pays de la CEMAC : Cameroun (+8,4%), Gabon (+7,3%), Tchad (+7,7%), Guinée Equatoriale (+8,3%), Centrafrique (+3,3 %). A contrario, l’encours des crédits diminue au Congo de 2,9 %.
Les crédits au secteur privé s’élèvent à 9 710 milliards de FCFA et représentent 77,7 % du total des crédits bruts contre 74 % douze mois plus tôt. Ils augmentent de 1 005 milliards de FCFA, soit +11,6 % comparé à leur niveau à fin décembre 2023. Les crédits directs aux Etats ressortent à 1 020 milliards de FCFA, soit 8,2 % du total des crédits bruts, contre 9,4 % au 31 décembre 2023. Ils sont en baisse de 83,6 milliards de FCFA, soit -7,6 % par rapport à décembre 2023.
Seules les banques du Cameroun (+58 milliards de FCFA, soit +30,6 %), de la Guinée Equatoriale (+6,5 milliards de FCFA, soit 2,5 %) et de la Centrafrique (+3,4 millions de FCFA, soit +31%) enregistrent une augmentation de cet agrégat. Les banques des autres places affichent une baisse de cet agrégat, à savoir le Gabon (-74,1milliards de FCFA, soit -23 %), le Tchad (-59 milliards de FCFA, soit -24%) et le Congo (-18,4 milliards de FCFA, soit -23 %).
S’agissant des crédits aux entreprises publiques, ils se situent à 1 004 milliards de FCFA à fin décembre 2024, en hausse de 2,5 milliards de FCFA, soit +0,2 %, par rapport à l’année précédente. Toutefois, leur part dans l’ensemble des crédits distribués diminue légèrement, passant de 8,5 % à 8 %, en raison d’une croissance plus soutenue des crédits aux autres secteurs.
Pour rappel, au 31 décembre 2024, la zone comptait 56 banques en activité réparties par pays dont : le Cameroun (19 banques), la Centrafrique (4 banques), le Congo (10 banques), le Gabon (8 banques), la Guinée Equatoriale (5 banques) et le Tchad (10 banques).



















