On ne le dira jamais assez. Les barrières logistiques constituent des sérieuses entraves à la sécurité alimentaire ainsi qu’au circuit d’approvisionnement du pays. Le mal est même si profond qu’il induit de la parafiscalité qui porte un coup dur à l’économie nationale.
Pour tenter d’endiguer ce fléau, le 26 novembre dernier, les acteurs clés de la sécurité et de la logistique au Gabon se sont réunis pour aborder un problème. Lequel pointe directement un doigt accusateur sur les fameuses barrières de contrôle routier qui ralentissent, et parfois renchérissent, l’arrivée des denrées alimentaires sur les marchés.
Cette rencontre avait donc pour objectif principal, de trouver des solutions concrètes et durables pour fluidifier la circulation des marchandises à travers le pays. Il s’agit a-t-on appris, d’une initiative essentielle dans la lutte quotidienne contre la vie chère, un combat mené pour le pouvoir d’achat de chaque foyer gabonais.
Les travaux de cette séance de travail ont été présidés par le Directeur général adjoint, de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), représentant le Directeur général. Dans son mot de circonstance, il n’a pas manqué de souligner l’importance que le ministère accorde à cette problématique.
Autour de la table, tous les services concernés étaient présents, main dans la main : la Police nationale, la Gendarmerie nationale, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), et le Conseil gabonais des chargeurs (CGC), qui gère le transport des marchandises.
Comme esquisse de solutions, les participants ont évoqué la simplification des procédures et la réduction du nombre de points d’arrêt inutiles. « L’idée est simple : moins de temps perdu sur la route, c’est plus de fraîcheur dans nos étals et, espérons-le, des prix plus justes pour tous. C’est une démarche concrète pour améliorer le quotidien des populations’’, ont-ils reconnu.
Un fléau à la peau dure
Il faut toutefois reconnaitre l’initiative n’est pas nouvelle. Au contraire cette fâcheuse habitude a plutôt la peau dure. Il y a cinq ans, Luther Steeven Abouna Yangui, alors avait déjà sans succès tenté d’ouvrir ce chantier. C’était à la faveur d’une rencontre avec les coopératives des femmes commerçantes exerçant dans l’importation et la distribution des vivres frais et secs.
En écoutant ces dernières, il voulait s’informer, comprendre et évaluer dans les moindres détails, étape par étape, le long de la voie d’importation, les différents prélèvements sous forme de taxes, redevances ou autres, qui frappent les importateurs de vivres frais et secs. Au point où ces derniers ont décidé de suspendre leurs activités d’importations et de distribution des denrées.
Après des investigations, plusieurs administrations avaient été impliquées dans cette forfaiture. Et comme esquisse de solutions, il avait émis une concertation de toutes les administrations relevant des autres départements ministériels.
M. Abouna Yangui et ses collaborateurs avaient par exemple, dans une approche pragmatique, eu un panorama exhaustif de chaque poste de contrôle, par de la frontière avec le Cameroun vers Libreville, des charges fiscales et parafiscales payées par les acteurs du secteur importations des vivres frais et secs.
Car, faut-il le rappeler, selon un rapport évaluant le poids de la parafiscalité sur le commerce des vivres frais et secs au Gabon, on estime entre 600 000 et 1 200 000 francs FCFA, ce que paie un commerçant le long de la route. Naturellement, sans contrepartie d’une quittance du Trésor public. Un fait est sûr, cette pression fiscale justifie, en partie, la vie chère.



















