L’Aide publique au développement (APD) s’est contractée depuis 2024. Cette baisse remet au cœur de l’agenda international la problématique de financement du développement, mise en avant lors de la Conférence de Séville de juillet 2025. Elle résulte d’un recul de l’aide dispensée par les organisations internationales multilatérales (– 30,9%) et aux réfugiés dans les pays donateurs (– 17,3%), de l’aide humanitaire (– 9,6%) et de l’aide à l’Ukraine (– 16,7%). L’APD reste toutefois supérieure de 23% au niveau de 2019 et représente en moyenne 0,33% du revenu national brut (RNB) des pays donateurs.
Premier contributeur mondial à l’Aide publique au développement, les États‑Unis ont effectué des coupes importantes dans leur budget. Aux États‑Unis, les crédits budgétaires initiaux destinés à l’APD pour 2025 (59,8 milliards de dollars, – 4,7% sur un an) ont été suspendus par la nouvelle administration Trump par décret du 20 janvier 2025, pour un délai de 90 jours, dans le but d’évaluer au cas par cas son efficacité et son alignement avec les nouvelles priorités.
L’Agence des États‑Unis pour le développement international (United States Agency for International Development, USAID), qui gère la majeure partie des flux d’aide américains, a été fermée officiellement le 1er juillet 2025, de même que l’Agence de financement des infrastructures (Millennium Challenge Corporation, MCC), tandis que la participation au budget de Gavi, l’Alliance du vaccin, a été suspendue.
Pour 2026, l’administration américaine a proposé une réduction marquée des dépenses budgétaires destinées aux programmes internationaux. Les crédits budgétaires proposés s’élèvent à 31,2 milliards de dollars, soit un recul de 47,7 %, avec notamment une diminution de 60 % des financements des programmes bilatéraux en matière de santé, un repli de 45 % de l’aide humanitaire et la suppression des financements au guichet concessionnel de la BAfD (Collinson et al., 2025).
Le comité de la Chambre des représentants chargé du budget a toutefois proposé en juillet des réductions nettement moins marquées. La Maison‑Blanche a par ailleurs proposé d’annuler 20 milliards de dollars de fonds approuvés par le Congrès lors de précédents exercices budgétaires mais encore non alloués.
Un recul des crédits budgétaires européens destinés à l’aide publique au développement
Au sein de l’Union européenne, les crédits budgétaires 2025 consacrés à l’action extérieure sont en recul de 8,1% par rapport à 2024, à 12,2 milliards de dollars. Le budget destiné au développement et à la coopération internationale recule de 10,1% sur l’année, tandis que celui qui est consacré à l’aide humanitaire se replie de 2,0%.
L’APD française est restée stable entre 2023 et 2024, atteignant 15,4 milliards de dollars US constants. La France se maintient en 5e position parmi les principaux bailleurs du CAD (en volume), derrière les États‑Unis, l’Allemagne, le Royaume‑Uni et le Japon.
En 2024, les apports nets de l’APD bilatérale des pays membres du CAD ont fortement baissé, de l’ordre de 5,8% en un an. L’aide bilatérale à destination de l’Afrique subsaharienne a diminué de 1% par rapport à 2023, à 42 milliards de dollars, tandis que celle qui a été versée aux pays les moins avancés (PMA) a reculé de 3%, malgré le maintien d’importants concours de la part des créanciers multilatéraux.
Au total, l’APD à destination de l’ASS a régressé de 2%, en termes réels, entre 2023 et 2024. Les fortes contraintes qui pèsent sur les budgets d’APD pourraient subsister en 2025 et à moyen terme. Les tensions budgétaires et la redéfinition des priorités nationales de plusieurs États contributeurs pourraient avoir comme conséquence, une baisse de l’APD estimée par l’OCDE entre 9% et 17% pour 2025.
Si l’engagement de Séville issu de la Quatrième conférence internationale sur le financement du développement, en juillet 2025, a permis d’établir un programme d’action 17 pour la décennie à venir, le développement des financements externes nets positifs en faveur des PMA et des pays de l’ASS demeure un enjeu crucial pour la réalisation des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.



















