« Les bons comptes font de bons amis. » C’est le moins que l’on puisse dire de l’Etat gabonais avec le règlement de s ses créance à hauteur de 28,3 milliards de FCFA. Les principaux bénéficiaires sont : l’Agence française de développement (AFD) : 8,8 milliards de FCFA ; la Banque africaine de développement : 12,3 milliards de FCFA ; le Fonds monétaire international : 4 milliards de FCFA ; la Banque mondiale : 2,2 milliards de FCFA ; la Banque européenne d’investissement/ FED : 183,4 millions de FCFA ; le Fonds international de développement agricole : 458,1 millions de FCFA et la Banque arabe de développement économique en Afrique avec 284 millions de FCFA
A travers cette opération inédite, le Gabon souhaite éviter toute nouvelle suspension de coopération pour défaut de paiement, et ainsi prouver sa solvabilité et rassurer ses différents bailleurs de fonds. Par ailleurs, ces remboursements permettent également au Gabon de prouver qu’il reste capable d’honorer ses engagements financiers, malgré les dettes accumulées. Le pays tente ainsi de redonner de la crédibilité à son économie et d’éviter tout risque de blocage avec ses bailleurs.
Ce n’est pas la première fois que le Gabon règle d’anciennes dettes. En mars 2025, l’État avait déjà payé 18 milliards de Francs CFA à la Banque mondiale, ce qui avait permis de lever une suspension de financement. Avec ce nouveau paiement, le Gabon veut montrer qu’il reste un partenaire sérieux, stable et engagé sur la voie du redressement.
Les données de la dette gabonaise sont une source de préoccupation du gouvernement. A fin juillet 2025, l‘encours global de la dette publique gabonaise était d’environ 7 307,1 milliards de FCFA. Ce chiffre est en légère augmentation par rapport aux 7 048 milliards de FCFA enregistrés fin décembre 2024.
Il faut tout aussi relever que malgré ces efforts de remboursement, le Gabon reste confronté à un important mur de la dette à l’approche des échéances de 2026-27, plus de 59,5 % de l’encours de sa dette devant arriver à échéance au cours de cette période. Car, selon Dabafinance, une plateforme d’investissements qui aide les individus et les entreprises à faire des investissements de haute qualité en Afrique, Les remboursements sont concentrés sur une période de 5 à 20 ans, créant ce que les analystes appellent un « mur de la dette » qui risque de peser sur les finances publiques.
La Banque mondiale a prévenu que l’absence d’une stratégie de refinancement claire pourrait exposer le Gabon à des chocs budgétaires soudains. Le respect des obligations pourrait nécessiter soit l’obtention de nouveaux prêts à un coût élevé, soit la mise en œuvre d’ajustements budgétaires douloureux. Les taux d’intérêt mondiaux restent élevés, tandis que le lourd endettement du Gabon limite sa capacité à négocier des conditions de refinancement favorables.
Pour éviter une crise budgétaire, le gouvernement prépare un plan national de développement et de croissance d’une valeur de plus de 10 000 milliards de francs CFA (16,4 milliards de dollars), ainsi que des mesures visant à allonger les échéances et à convertir une partie de ses emprunts en dette concessionnelle. Le plan vise à maintenir la stabilité macroéconomique et à éviter des coupes sombres dans les dépenses sociales et d’investissement.



















