Le gouvernement gabonais est engagé à assainir le milieu du travail dans le secteur pétrolier. Après un certain nombre de réformes engagées, les ministres du Pétrole et du Gaz, Sosthène Nguema Nguema, et du Travail, Patrick Barbera Isaac ont fait le point sur les avancées, avec les responsables de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) et de l’Union pétrolière gabonaise (UPEGA).
Cette rencontre s’inscrivait dans la volonté affirmée du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, de restaurer la souveraineté économique du pays et de replacer le capital humain national au cœur de la stratégie de croissance.
Les propos liminaires du ministre Sosthène Nguema Nguema dénotait ainsi de la teneur inflammable de cette rencontre. Il a, dans un premier temps, réitéré la nécessité de corriger les inégalités persistantes entre travailleurs nationaux et expatriés, notamment en ce qui concerne la gestion des contrats mensuels.
Dans ce droit fil, le membre du gouvernement a redit l’engagement inaliénable du gouvernement pour l’aboutissement des réformes en cours pour corriger toutes ces déviances. Et d’un ton ferme, il a indiqué « qu’il était temps de mettre un terme aux pratiques qui fragilisent nos travailleurs. Le secteur pétrolier doit redevenir un moteur d’équité, de dignité et de compétence nationale »
Sujets particulièrement préoccupants et consternants, les contrats précaires et l’harmonisation salariale ont également été abordés. Sur ces points, le ministre a condamné la pratique devenue courante des contrats mensuels renouvelables. Une situation, selon lui, jugée de « précaire et contraire à la stabilité professionnelle ». Pour rectifier cette tendance, le gouvernement exige désormais leur suppression pure et simple. Cela, « dans le but de garantir aux employés des conditions de travail conformes aux standards légaux et à la décence économique attendue dans un secteur aussi stratégique ».
Il convient de noter que le segment de l’harmonisation salariale entre personnels nationaux et expatriés affiche des écarts de rémunération, souvent disproportionnés qui devraient être revus à la lumière d’un audit social global que les deux ministères entendent conduire conjointement avec les partenaires sociaux.
Malgré sa sensibilité, la démarche gouvernementale a été saluée par les représentants de l’ONEP et de l’UPEGA. Lesquels, l’ont même qualifié de “nécessaire et courageuse”. Non sans réaffirmer leur engagement à accompagner le processus de réformes, tout en plaidant pour un dialogue social permanent et structuré. Dans ce cadre, les deux organisations ont également insisté sur la nécessité de résorber les arriérés financiers et de renforcer la formation technique des travailleurs gabonais pour favoriser une véritable montée en compétences.
Pour un meilleur suivi des décisions, une mission d’inspection et de contrôle composée des personnels des ministères du Pétrole et du Travail est annoncée dans les tout prochains jours, dans la province de l’Ogooué-Maritime, principal vivier pétrolier du pays.
Elle permettra d’évaluer les pratiques des entreprises, de vérifier la conformité de leurs contrats et de dresser un état des lieux exhaustif de la situation sociale dans le secteur. Ses conclusions serviront de base à la mise en place d’un “canevas national de gouvernance pétrolière”, une feuille de route visant à garantir l’équité, la transparence et la stabilité du marché du travail.
Faut-il le rappeler, le Gabon a fixé le cap vers un modèle pétrolier durable. L’initiative s’inscrit dans la vision du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema d’un Gabon souverain, équitable et tourné vers le plein emploi. Autrement dit, a “bataille de la dignité” engagée par le gouvernement n’est pas qu’un slogan : elle traduit une volonté de refonder la relation entre l’État, les entreprises et les travailleurs.



















