Sur instruction du président de la République, le ministre d’Etat, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie chère, Henri-Claude OYIMA, conduit la délégation gabonaise qui prend part, à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4) à Séville en Espagne.
Cet événement se déroule en présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, ainsi que des dirigeants des principales institutions multilatérales, notamment l’Organisation des Nations Unies (ONU), la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et le Conseil économique et social des Nations Unies. Les travaux, qui se tiennent du 30 juin au 3 juillet 2025, vont permettre à la délégation gabonaise de contribuer aux réflexions sur les différents sujets traités : dette, mobilisation de capital, investissements porteurs de résultats et réformes des institutions financières internationales.
Cette rencontre survient dans un contexte particulièrement sombre pour l’aide au développement, touchée de plein fouet par la réduction de l’aide humanitaire décidée par Donald Trump, qui a supprimé 83% des financements de programmes à l’étranger de l’agence de développement USAID. car, avec 63 milliards de dollars d’aide publique en 2024, les Etats-Unis étaient le principal pays donateur pour de nombreuses agences et ONG, actuellement confrontées à d’importantes difficultés, d’autant que d’autres capitales, comme Paris, Londres et Berlin, ont aussi réduit leurs aides.
« Regarder la vérité en face »
« Les gouvernements des pays riches sont en train d’effectuer les coupes les plus importantes dans l’aide au développement jamais enregistrées depuis 1960 », a dénoncé vendredi l’ONG Oxfam, inquiète de voir les pays du Sud « dévier tragiquement » de leur « trajectoire » de développement. Pour les pays concernés, la situation est d’autant plus délicate que l’endettement public a bondi depuis la crise du Covid-19. Selon les Nations unies, celui des moins avancés a ainsi triplé en 15 ans, et 3,3 milliards d’habitants vivent dans des pays dépensant plus pour rembourser leur dette que pour la santé ou l’éducation.
« Au milieu des conflits croissants, d’une planète en feu et des divisions grandissantes », la conférence de Séville doit « montrer comment la coopération internationale peut et doit répondre aux besoins des populations », a souligné sur X Antonio Guterres, en insistant sur l’urgence du combat contre le réchauffement climatique.
« La chaleur extrême n’est plus un événement rare — elle est devenue la nouvelle norme. Je l’expérimente moi-même en Espagne » lors de la FfD4, a poursuivi le secrétaire général de l’ONU, qui a appelé pour cela à « corriger la manière dont le monde investit dans le développement durable ». L’ « engagement de Séville », qui sera formellement adopté au terme de la conférence, invite pour cela à revoir l’architecture financière internationale, en accordant notamment plus de place aux pays du Sud dans les grandes institutions et en exigeant une meilleure coopération contre l’évasion fiscale.
Ce texte de 38 pages, qui sera complété par des annonces unilatérales dans le cadre d’une « plateforme de Séville pour l’action », servira de plan directeur pour le financement du développement au cours des dix prochaines années. De nature politique, il ne sera cependant pas contraignant sur le plan juridique. Un motif de mécontentement chez les ONG, déjà agacées par ce qu’elles considèrent comme un manque de solidarité des pays les plus riches. « Le Nord global continue de bloquer les réformes. Ce n’est pas du leadership, c’est du déni », a ainsi regretté Mariana Paoli, responsable du plaidoyer chez Christian Aid.
A l’appel d’une coalition d’ONG, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche soir dans le centre de Séville pour réclamer une annulation de la dette et une taxation des super riches afin de dégager plus de ressources pour « la santé, l’éducation et les politiques sociales ».



















