Le climat qui prévaut au ministère des Mines est loin d’être convivial et serein. A en croire des sources fiables, tout aurait commencé par des doléances pour le moins atypiques. Le syndicat, dirigé par Gisèle Nyangui, aurait exigé du ministre Gilles Nembé de remanier son cabinet. Une revendication inhabituelle pour une organisation syndicale, traditionnellement centrée sur les conditions de travail. Une source interne, sous couvert d’anonymat, s’interroge : « Depuis quand un syndicat décide-t-il de la composition d’un cabinet politique ? »
Des revendications au parfum de privilèges
Autre point de friction : la demande d’un véhicule de liaison et d’un budget de fonctionnement spécifique pour le syndicat. Des requêtes rarement vues dans la sphère administrative, qui soulèvent des interrogations sur la bonne utilisation des ressources publiques. À cela s’ajoutent les revendications liées aux primes. Bien que le ministère des Mines emploie quelque 200 agents, il verserait déjà des primes supérieures à celles allouées au ministère du Pétrole, pourtant cinq fois plus peuplé. « Il y a une forme d’avidité syndicale que rien ne semble pouvoir tempérer », confie un cadre. « Le mot d’ordre semble clair : obtenir toujours plus, sans souci des équilibres budgétaires ni de la cohérence entre ministères. ».
Plus dérangeant encore, des sources sûres informent de ce que la présidente du syndicat aurait tenté, en vain, de faire inscrire les noms de ses proches dans les listes des postes budgétaires octroyés par le chef de l’État, au détriment des Gabonais dûment enregistrés. Une contradiction flagrante avec son discours public, et qui entame davantage sa crédibilité.
Des hauts cadres du ministère en embuscade
Enfin, plusieurs sources pointent une instrumentalisation du mouvement par certains hauts responsables de l’administration, tapis aussi bien au niveau du Secrétariat général que dans certaines directions techniques. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir détourné des fonds liés à l’attribution des cartes d’expart. Et le timing de cette agitation coïncide étrangement avec une intensification des contrôles à ce sujet.
La fermeté du ministre ferme, un message clair
Dans ce contexte, le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Gilles Nembé, a tenu à recadrer le débat : « Notre devoir est de servir la République, pas des intérêts privés ou corporatistes. Le président Brice Clotaire Oligui Nguéma nous appelle à une transformation en profondeur. Le ministère des Mines doit être un pilier de la diversification économique du Gabon. Cela passe par l’équité, la rigueur, et l’abandon des pratiques du passé. Finalement, que reproche-t-on réellement au ministre ? Serait-on tenté de s’interroger.



















