Les dernières mises à jour de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) sur l’économie gabonaise ne suscitent guère de l’enthousiasme. Au contraire, elles appellent à une forte prudence. Dans son rapport, l’assureur français table sur le creusement du déficit budgétaire sous l’effet de dépenses publiques accrues en 2025. Notamment, la prolongation des subventions sur les carburants, la hausse de la masse salariale dans le secteur public et les coûts liés aux élections.
Simultanément, les recettes publiques pourraient observer une diminution en raison de la baisse des revenus pétroliers (50% des recettes fiscales). Ce déficit sera principalement financé par des prélèvements sur les réserves de change du pays. Quant à la dette publique, elle augmentera dépassant le plafond de 70% du PIB fixé par la CEMAC. La dette domestique en constitue une part importante (66%), l’accès aux financements extérieurs restant limité.
Le Gabon dépendant des hydrocarbures pour ses recettes d’exportation, une baisse de l’excédent commercial est attendue en 2025, malgré une hausse escomptée des exportations de manganèse et l’irruption de celles de minerai de fer. Parallèlement, les importations resteront dynamiques, soutenues par la demande des consommateurs et les projets d’investissement pétroliers, miniers et sylvicoles, avec leurs infrastructures de transport connexes. Le déficit structurel des services se creusera aussi, en raison de l’augmentation des compétences techniques importées.
De plus, le rapatriement des bénéfices des entreprises étrangères pèsera sur le solde courant. La dette extérieure, entièrement publique, verra son poids dans le PIB diminuer en 2025. En novembre 2024, le Gabon a annoncé le rachat de la moitié de l’euro-obligation de 605 millions de dollars, arrivant à échéance en juin 2025, renforçant la confiance des investisseurs. Pour solder, le pays puisera dans ses réserves de change. Ces dernières couvraient 2,7 mois d’importations à fin 2023, un niveau inférieur au seuil prudentiel de 3 mois. Enfin, l’expiration, en juin 2024, de la Facilité élargie du FMI (553,2 millions de dollars), sans nouvel accord en perspective à court terme, exacerbera les risques de financement en 2025.



















