En zone CEMAC, les indicateurs du secteur bancaire sont au vert. C’est ce que renseigne la Banque de France dans son rapport sur les Coopérations monétaires Afrique-France en 2022 file:///C:/Users/hp/Downloads/CMAF-2022_Web%20(2).pdf
A en croire, la Banque de France, tous les pays ont observé une hausse de l’activité excepté la Guinée équatoriale. Cette hausse provient, au passif, d’une croissance des dépôts (+ 2201 milliards de FCFA) – amplifiée notamment, en fin d’année, par les rapatriements des industries extractives –, mais également d’un relèvement des fonds propres (+ 404 milliards), dans le sillage des bonnes performances des exercices passés et de l’interdiction de la distribution de dividendes.
Cette dynamique a permis d’améliorer le ratio global de couverture des risques pondérés par les fonds propres (15% à fin 2022, contre 14% à fin 2021, pour une exigence réglementaire de 10,5%) et le rapport de liquidité (175% à fin 2022, contre 171% à fin 2021, pour une exigence réglementaire de 100%). Nombre d’établissements – 16 à fin 2022 – continuent toutefois de présenter des fonds propres insuffisants pour respecter l’ensemble des exigences prudentielles.
Le résultat net du secteur, à 187 milliards de FCFA, s’inscrit en baisse de 6,5% par rapport à 2021, en lien principalement avec des résultats exceptionnels négatifs. En effet, le produit net bancaire (PNB) continue de progresser, à 1247 milliards (+ 14,4%). Le coefficient de rentabilité demeure solide, à 8,3% en 2022, même s’il baisse sous l’effet de la hausse des fonds propres.
Par ailleurs, l’activité de crédit a progressé, avec une croissance des encours de crédits bruts de 6,6 % en 2022 (+ 7,6% pour les crédits nets). Le dynamisme du crédit au secteur privé, en hausse de 16,7% pour s’établir à 8693 milliards, contraste toutefois avec le repli des crédits bancaires au secteur public (1599 milliards, soit – 8,1% par rapport à 2021) consécutif à la hausse des achats de titres publics.
Par branches d’activité, la production de crédits s’est principalement dirigée vers les entreprises du commerce, de la restauration et de l’hôtellerie, les industries manufacturières et le secteur des transports, reflétant le redémarrage des investissements au sortir des mesures sanitaires anti‑Covid.
L’expansion du crédit au secteur privé est notable au Cameroun (+ 29,6%), au Gabon (+ 15,3%) et au Tchad (+ 7,2%). Moins marquée au Congo (+ 4,9%) et en Centrafrique (+ 3,5%), dans un contexte de quasi‑stagnation économique, elle est négative en Guinée équatoriale (– 2,3%).
De manière générale, l’octroi de crédit pâtit de freins structurels qui nuisent à la confiance du secteur financier et aux capacités d’emprunt : taux de sinistralité élevé, climat des affaires rendant difficile et incertaine la réalisation des collatéraux, manque de garanties, faible culture financière des PME.
Dans ce contexte, le crédit demeure largement dominé par les prêts à court ou moyen terme, qui constituent respectivement 54,2% et 42,7% des encours (composés en large partie de crédits à l’importation).



















