Entre les Etats-Unis d’Amérique et le Gabon, l’heure est à un retour progressif à la normalisation des relations. C’est du moins ce qui se dégage de l’audience accordée par le chef de l’Etat, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, ce 19 octobre 2023, à une délégation du pays de l’« Uncle Sam », conduite par Judd Devermont, conseiller spécial du président Joe Biden, président des Etats-Unis.
Cette rencontre intervient quelques jours seulement après les échanges avec Ellen Thorburn, le chargé d’affaire de l’ambassade des Etats-Unis au Gabon, avec qui il avait également devisé sur les sujets d’intérêt commun entre les deux pays.
Comme il fallait s’y attendre, conformément à l’éthique diplomatique, « le renforcement du partenariat entre les Etats-Unis et les pays africains en particulier le Gabon a été au menu des dossiers abordés par Brice Clotaire Oligui Nguema et Judd Devermont», renseigne le communiqué des services de communication de la présidence de la République. De manière spécifique, « L’émissaire américain a exprimé la solidarité des autorités de son pays notamment, le président Joe Biden à l’endroit du peuple gabonais, qu’il compte accompagner tout au long du processus de Transition », mentionne également ledit communiqué.
De son côté, revenant sur les raisons de la prise de pouvoir par les militaires, « le président de la Transition a tenu à rassurer son hôte quant à l’organisation des élections démocratiques au terme de la période de Transition ». Dans ce droit fil, « Judd Devermond a réitéré la volonté du chef d’Etat américain de redynamiser la coopération bilatérale qui unit le Gabon et les Etats-Unis ».
Autrement dit, les deux pays s’attèlent à remettre les pendules à l’heure dans le cadre de leur relations. En effet, le 16 septembre 2023, en réponse au coup de force du 30 aout dernier, ayant porté le général Brice Clotaire Oligui Nguema au pouvoir, le gouvernement américain avait pris la décision de suspendre certains programmes d’aide étrangère bénéficiant au Gabon.
Le gouvernement américain avait indiqué que cette, « Cette mesure provisoire était conforme aux mesures prises par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, l’Union africaine et d’autres partenaires internationaux ». Mais, tout en poursuivant à scruter la situation ainsi que les faits sur le terrain, le pays de l’ « Uncle Sam » entendait poursuivre ses activités opérationnelles au Gabon, notamment les opérations diplomatiques et consulaires en faveur des citoyens américains. « Nous poursuivons nos opérations gouvernementales au Gabon, y compris diplomatiques et consulaires en soutien aux citoyens américains », avait déclaré Antony Blinken.
Il convient également de noter que les États-Unis n’avaient formellement pas parlé d’un « coup d’État » au Gabon. Ce qui, d’après la loi américaine, devait les obliger à suspendre indéfiniment leur aide.
Sur un tout autre plan, le Gabon et les États-Unis partagent un engagement à diversifier et à renforcer l’économie gabonaise, à développer le commerce bilatéral, à assurer la sécurité dans le golfe de Guinée et à lutter contre le trafic d’espèces sauvages.
Au plan purement économique, les Etats Unis figurent parmi les 10 premiers fournisseurs du Gabon avec un taux de services de 8,1%, sur les six premiers mois de l’année en cours. En outre, les investissements américains sont concentrés dans les secteurs pétroliers et extractifs. Le Gabon est également éligible aux avantages commerciaux préférentiels au titre de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA).



















