Le Gabon n’a jamais aussi suscité autant d’attention de la part des agences de notations. Depuis le coup de force du 30 aout dernier, les perspectives du pays sont minutieusement scrutées par Fitch Ratings et Moody’s au regard du contexte créé par cet événement. Le rapport des deux institutions est presqu’identique.
En effet, Fitch Ratings place les notes de défaut des émetteurs du Gabon en devises étrangères et en monnaie locale sous surveillance négative à long terme « B- ». Ce qui reflète pour sa part, une grande incertitude politique, suite au coup d’État militaire du 30 août 2023. Même si elle souligne que, « le coup d’État militaire n’a pas conduit à des sanctions financières ». Fitch table tout de même sur la poursuite du service de sa dette envers les créanciers du pays, aussi longtemps que cela reste le cas.
Le son de cloche est presqu’identique avec Moody’s Investors Service (Moody’s) qui, à son tour, a annoncé ce mardi 12 septembre, avoir également modifié la perspective du Gabon en négative à la suite du même coup d’État militaire. Toutefois, la note de crédit du pays reste inchangée « Caa1 ». Ce qui traduit une « très mauvaise qualité », d’après l’échelle de notation de l’agence qui définit l’indice « Caa », comme étant le « niveau de risque de crédit très élevé ».
Les raisons évoquées par l’agence pour expliquer ces perspectives pessimistes portent notamment sur : « les inquiétudes croissantes concernant l’instabilité politique accrue et les risques de liquidité du gouvernement suite au coup d’État du 30 août 2023 ». Moody’s espère cependant, « qu’il n’y aura pas de sanctions ou de changements significatifs affectant la capacité du pays à rembourser ses dettes ». En effet, Moody’s s’inquiète d’éventuelles sanctions imposées dans les cas du Mali et du Niger. Lesquelles, ont entravé les capacités des pays à gérer leurs dettes extérieures.
En outre, Moody’s a exprimé ses appréhensions concernant la réduction du soutien financier de la communauté internationale, comme les prêts concessionnels, conduisant à une dépendance accrue à l’égard d’un marché des capitaux régional relativement peu profond pour le financement.
Parallèlement, de nouvelles pressions sur les dépenses pourraient apparaître à la suite de l’intervention militaire. En outre, l’incertitude politique accrue et l’imposition de sanctions pourraient peser sur le commerce et les investissements, limitant ainsi la croissance économique.
Il convient toutefois de noter que Moody’s a décidé de maintenir la notation de crédit pour plusieurs raisons. Il s’agit notamment des coûts de la dette relativement abordables, des prix élevés du pétrole qui soutiennent la liquidité et la situation budgétaire du gouvernement, et l’arrimage au franc CFA qui contribue à la stabilité macroéconomique globale.
A propos, le président de la transition, le général Brice Oligui Nguema a « rassuré les partenaires au développement et créanciers qu’il n’y aura aucun changement dans les obligations extérieures du Gabon. Même s’il existe un risque de sanctions économiques, elles seront probablement légères et viseront principalement les individus impliqués dans le coup d’État. Par conséquent, nous estimons que l’impact économique du coup d’État est limité et qu’il n’y a aucun changement dans la capacité ou la volonté du Gabon à rembourser sa dette ».



















