L’Union européenne s’est penchée sur la situation du Gabon, suite au coup de force du 30 août 2023. Événement au terme duquel, les militaires ont pris le pouvoir à Libreville, et placé sous résidence surveillée, le président Ali Bongo, quelques instants après l’annonce de sa réélection pour un troisième mandat.
Suite à ces événements, l’Union européenne a donné sa position. Elle « rejette toute prise de pouvoir par la force au Gabon, même si le processus électoral dans le pays a été entaché d’irrégularités », a déclaré le porte-parole de la diplomatie européenne, Josep Borrell, à l’issue d’une réunion à Tolède des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept, ce jeudi 31 août 2023.
Par ailleurs, si « l’UE partage les vives préoccupations sur la façon dont le processus électoral, qui a précédé le coup militaire, a été organisé et s’est déroulé », a indiqué Josep Borrell. Avant de relever qu’ « un dialogue inclusif et substantiel assurant que l’État de droit et les droits de l’homme sont respectés, et non la force, sont la manière d’assurer que la volonté, telle qu’exprimée par le peuple gabonais, soit respectée », a-t-il dit.
De l’avis de M. Borrell « Les défis auxquels le Gabon est confronté doivent trouver leur solution en respectant les principes de l’État de droit, de l’ordre constitutionnel et de la démocratie. La paix et la prospérité du pays, ainsi que la stabilité régionale, en dépendent », a encore souligné le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
Devant la presse en début de journée, Josep Borrell a estimé que l’élection présidentielle de samedi dernier au Gabon avait été entachée d’irrégularités. « Il existe des coups d’État militaires et des coups d’État institutionnels qui ne nécessitent pas de recourir aux armes », a-t-il souligné. Pendant ce temps, la principale alliance d’opposition gabonaise a demandé jeudi à la junte, de mener le processus électoral à son terme en achevant le décompte des bulletins de vote.
Interrogée peu avant le début de la rencontre de Tolède sur les situations au Gabon et au Niger, Josep Borrell a martelé qu’elles n’étaient pas « équivalentes ». « Au Niger, le président était un président démocratiquement élu (…). Au Gabon, quelques heures avant le coup d’État militaire, il y a eu un coup d’État institutionnel car les élections ont été volées », a-t-il déclaré. « Je ne peux pas dire que le Gabon était une vraie démocratie avec une famille qui dirigeait le pays depuis 50 ans », a-t-il insisté.



















