Au Gabon, le secteur des finances publiques connait une embellie depuis quelque temps. C’est ce que renseigne le Banque mondiale dans sa récente note de conjoncture économique sur le pays. En effet, soutient l’institution de Bretton Woods, les efforts d’assainissement budgétaire ont permis de maîtriser le niveau des dépenses publiques, en dépit de la pression croissante induite par les coûteuses subventions aux carburants.
Dans sa note de conjoncture, la Banque mondiale révèle également que les dépenses publiques ont diminué en 2022, s’élevant à 15,6% du PIB en 2022, contre 17,6% du PIB en 2021. Et que le gel des recrutements dans la fonction publique, mis en place entre 2018 et 2022, a contribué à contenir les dépenses publiques.
En outre, une approche plus sélective des investissements publics ainsi qu’une politique de maîtrise des dépenses courantes ont permis de réduire les dépenses en capital et les dépenses en biens et services en 2022. La plupart des investissements publics ont été orientés vers les travaux routiers et autres travaux publics.
S’il est vrai que l’amélioration des infrastructures reste une priorité pour le pays cependant, des investissements plus importants en faveur du développement du capital humain sont nécessaires pour relever les défis de développement du pays.
A preuve, au cours de l’année 2022, les secteurs de la santé et de l’éducation ont reçu moins d’investissements que les domaines liés à la défense et à la sécurité. Cependant, alors que la plupart des postes de dépenses sont restés maîtrisés, le coût des subventions aux carburants a augmenté de façon exponentielle durant ces derniers mois.
Poussées par la hausse des cours mondiaux de l’énergie, les dépenses publiques en subventions aux carburants ont augmenté de 138% en 2022, portant les dépenses totales en transferts et subventions à 17% du PIB, au-dessus de toute autre catégorie de dépenses à l’exception des salaires. De plus, le recours intensif aux exonérations et avantages fiscaux, en partie pour tenter de freiner la hausse des prix des denrées alimentaires, exerce une pression supplémentaire sur le budget de l’Etat.
Les dépenses fiscales se sont ainsi élevées à 351,5 milliards de francs CFA en 2022 (soit 2,6 pour cent du PIB), et ont principalement pris la forme d’avantages fiscaux accordés aux entreprises situées dans les Zones économiques spéciales et opérant dans des secteurs particuliers, ainsi que la forme d’exonérations et de réductions de la TVA et de droits de douane octroyées pour contenir la hausse du coût de la vie de responsabilité sociétale dans les secteurs de l’éducation, la réinsertion sociale, la préservation de l’environnement et l’accompagnement humanitaire.


















