Au terme de sa mission qui s’est étalée du 29 mai au 7 juin 2023 l’équipe a fait une mise au point de la situation économique du pays. Il en ressort trois principaux enseignements.
D’abord, l’économie de la Guinée équatoriale s’est développée en 2022 pour la première fois depuis 2014, avec une croissance du PIB réel estimée à 2,2 %, reflétant la hausse des prix mondiaux des hydrocarbures et la reconstruction de Bata. L’inflation a atteint 4,8 % en 2022 en raison des prix élevés des importations alimentaires.
Une part importante de la manne de recettes provenant des hydrocarbures a été épargnée, comme en témoignent l’excédent budgétaire de 10,1 % du PIB et un raffermissement significatif du compte courant extérieur. Cependant, le déficit budgétaire primaire non pétrolier est passé de 8,7 % du PIB en 2021 à 9,9 % du PIB en 2022. Les indicateurs prudentiels du secteur bancaire se sont affaiblis.
En outre, pour 2023, l’activité économique réelle devrait baisser de 6,4 %, une récession plus prononcée que prévu initialement, reflétant un impact plus grave de l’incident sur le champ pétrolier de Zafiro. L’inflation se modérera à 2,8 %. Le déficit budgétaire primaire non pétrolier devrait être de 11,5 % du PIB.
Le troisième repère porte sur la situation économique à moyen terme. Ainsi, l’économie de la Guinée équatoriale devrait continuer à décliner en raison de la diminution du rôle du secteur des hydrocarbures. Dans ce contexte, la vision des autorités de promouvoir la diversification économique est la bienvenue.
Pour y parvenir, le FMI estime qu’il est essentiel d’améliorer le climat des affaires, de stimuler le capital humain et les dépenses sociales tout en maintenant la viabilité budgétaire, et de poursuivre les réformes de la gouvernance pour accroître la transparence et lutter contre la corruption.
Selon le Fonds, les priorités politiques comprennent le règlement des arriérés intérieurs, la résolution des vulnérabilités de longue date du secteur bancaire, l’augmentation de la transparence dans l’industrie extractive, notamment en poursuivant l’adhésion à l’ITIE, et la poursuite des progrès dans l’opérationnalisation de la législation anti-corruption.
Le FMI préconise également de renforcer la mobilisation des recettes hors hydrocarbures et de réorienter les dépenses publiques vers des programmes qui soutiennent l’inclusion sociale. Au final, les services du FMI ont fait savoir qu’ils continueront d’aider les autorités à concevoir et à mettre en œuvre leur programme de réforme.



















