La note pourrait bien être bien salée. En effet, les effets de la subvention des hydrocarbures étaient au cœur d’une séance de travail entre le ministre du Pétrole et du Gaz, Vincent de Paul Massassa et les différents intervenants dans ce secteur, le 16 mai dernier.
L’objectif de cette rencontre consistait, pour le membre du gouvernement, « d’apprécier la viabilité de ce modèle, de même que les options pour garantir l’évolution de cette mesure », indique-t-on.
Faut-il le rappeler, le gouvernement s’est engagé à subventionner le prix du carburant à la pompe pour juguler la flambée spectaculaire des cours. Pour l’heure, il était donc temps de faire le bilan de cette réforme, notamment son impact sur les Gabonais économiquement faibles, mais également d’évaluer l’incidence de celle-ci sur le budget de l’État. De manière spécifique, « il était question de produire un schéma pertinent et efficace pour l’évolution du processus ».
Pour le ministre Vincent De Paul Massassa, « Il s’agit de comprendre que la subvention qui est apportée a pour objectif de soutenir les ménages les plus faibles. Mais parfois, nous nous rendons compte qu’il n’y a pas qu’eux. C’est l’occasion, aujourd’hui pour nous, de remettre dans les pipes des réflexions, les modèles de soutenance que nous avons pour les prix et surtout revoir, qui réellement bénéficie et qu’elle serait éventuellement la manière pour faire évoluer la situation », a-t-il indiqué.
Cette rengaine est presque la même, pour la plupart des partenaires du Gabon avec comme chef de fil, le Fonds monétaire international (FMI). L’institution onusienne a maintes fois demandé une profonde réforme de celle-ci. Elle estime en effet qu’elle ne bénéficie pratiquement aux couches économiquement faibles. Les Gabonais les plus aisés, étant contrairement les premiers consommateurs d’essence et de gazole.
Dans ce cadre, le gouvernement qui entend renverser cette tendance a initié la réalisation d’une étude sur la transparence des prix de la filière pétrolière et son impact sur le pouvoir d’achat des ménages et le budget de l’État. Une commission comprenant les experts du ministère du Pétrole et marketeurs est donc mise en place pour proposer des mécanismes d’applications idoines.
Pour la bonne gouverne, dans le cadre des négociations de son nouveau deal avec le FMI, la question des subventions au carburants a une fois de plus, été posée sur la table. L’institution de Bretton Woods a été clair sur le dossier. Elle a insisté sur la nécessité de supprimer progressivement les subventions aux carburants, mais tout en élaborant des mesures ciblées destinées à protéger les personnes les plus vulnérables.
Sous la pression du FMI, les subventions aux carburants devaient prendre fin d’ici fin décembre 2022 à l’exception du kérosène et du butane. Mais le gouvernement qui veut éviter une bombe sociale a trouvé cette disposition entachée de plusieurs incongruités.
Le FMI a donc recommandé de rétablir le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants, avec une répercussion intégrale sur l’ensemble des produits, à l’exception du butane et du pétrole lampant, qui sont pour l’essentiel utilisés par les populations pauvres. Ce qui selon l’institution, contribuera à limiter les subventions et à réduire le risque qu’elles profitent plus aux entreprises et aux ménages à revenu élevé.
Le 14 mars dernier lors d’une réunion entre l’État gabonais et les acteurs du secteur pétrolier exerçant notamment dans le raffinage et la vente des carburants à Libreville, pour éviter l’augmentation du prix des carburants à la pompe, l’Etat a mis sur la table près 212 milliards de FCFA. Les trois parties ont signé deux conventions visant à stabiliser le prix à la pompe des produits pétroliers, à assainir l’état des créances des uns vis-à-vis des autres, mais également à booster la trésorerie des opérateurs économiques concernés.



















