Après cinq ans de bons et loyaux services à la tête de la Commission de la Cemac, Daniel Ona Ondo a rendu son tablier le 17 mars 2023. C’était à la faveur de la 15ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’États et de gouvernements de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) qui se déroulait à Yaoundé, capitale du Cameroun.
Selon de nombreux observateurs, ce sommet restera à jamais marqué dans les annales de l’histoire de la communauté. Ils évoquent en premier lieu qu’il se soit déroulé dans une atmosphère de convivialité, aux antipodes des traditionnelles batailles de coulisses, dont l’institution est coutumière. L’autre détail avancé est l’harmonie avec laquelle, le renouvellement des dirigeants des institutions communautaires s’est déroulé.
Si ce succès est à mettre à l’actif du président en exercice sortant, le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, en parfaite synergie avec ses pairs de la sous-région, il convient également de noter la maestria avec laquelle; le président de la Commission de la Cemac sortant, le Gabonais Daniel Ona Ondo a préparé ce sommet. Un état d’esprit qui illustre le management participatif qu’il a su implémenter au sein de l’institution communautaire durant son magistère.
Humilité
C’est vrai qu‘une œuvre humaine n’est jamais totalement parfaite. Ce, d’autant que la perfection n’est pas de ce monde, le natif d’Oyem (ville située au nord du Gabon), laisse néanmoins derrière lui, un précieux héritage à la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. S’il est vrai pour des relents d’humilité, qu’il préfére laisser le soin aux autres d’apprécier son travail, il y va sans risques de se tromper que durant son quinquennat, la communauté a enregistré de nombreuses et précieuses avancées sur le chemin de l’intégration sous-régionale.
« Je me garderai de vous faire un bilan pro domo de mon action à la tête de l’institution car comme dit un proverbe bien de chez nous, le sanglier n’a pas besoin de dire qu’il est bon. Ce sont les gens qui le mangent qui doivent l’apprécier. Je laisse donc le soin aux autres d’apprécier ce qu’on a fait durant cette période », a-t-il déclaré lors de son allocation pendant la session ordinaire de la Conférence des chefs d’États et de gouvernements de la Cemac.
De précieux acquis
Daniel Ona Ondo reconnait également qu’une pierre pour la construction de l’édifice Cemac a été posée. Et que d’autres, après poursuivrons le travail. Des progrès en faveur de cette cause sont bien visibles grâce à son aura. A son actif, plusieurs actes posés au cours des cinq dernières années d’une valeur testamentaire incontestable. Ce ne sont pas d’ailleurs nos confrères du Journal Intégration, très alertes sur des questions d’intégration qui nous le démentiront. Eux qui se sont, fait à maintes reprises, l’écho des chantiers entamés et menés à bien par la Commission de la Cemac.
La gestion et sa prise en main par Daniel Ona Ondo, des principaux dossiers communautaires, à l’instar de la libre circulation des personnes et des biens, du démarrage et de la mise en œuvre des projets intégrateurs prioritaires, y compris la maîtrise des problématiques de développement à l’échelle de l’ensemble de la Communauté ou de la zone des trois frontières entre le Cameroun, le Gabon et la Guinée Équatoriale, auront également été remarquables.
Avec son gouvernement, ils ont également ‘’mis leurs organes’’ sur le registre des réformes. Il fallait impérativement, malgré les vents contraires, tout mettre en œuvre pour faire bouger les lignes de l’immobilisme. « Il en est ainsi de la rationalisation des Communautés économiques régionales d’Afrique centrale (CERs), de la rénovation du siège de l’institution communautaire à Bangui ou de la relance économique en contexte de guerre en Ukraine et de crise sanitaire liée au Covid-19 », renseigne le Journal Intégration. La réforme du franc CFA a également occupé une place de choix parmi les priorités de l’équipe dirigeante sortante.
Des défis à relever
Évidement le processus d’intégration se veut dynamique. Et pour ce faire, plusieurs défis restent à relever. L’on évoque par exemple le financement du fonctionnement des institutions sous-régionales. La rétention de la Taxe communautaire d’intégration (TCI) par les États, a fait écho à l’alourdissement de la dette sociale. Malgré des efforts consentis avec quelques succès, à la recherche de sources alternatives de financement. Car au final, la Commission a dû faire avec les moyens de bord et des budgets à chaque fois revus à la baisse.
Toutes choses qui rendent encore plus héroïques les résultats obtenus. Daniel Ona Ondo ayant par ailleurs mis un point d’honneur à briller tout au long de son mandat par une diplomatie de présence. Autant de lignes à écrire en lettres d’or dans son testament.
Des hommages aux dirigeants de la sous-région
Mais avant de Jeter l’ancre, Daniel Ona Ondo a tenu à rendre un vibrant hommage aux dirigeants de la sous-région, notamment au président de la République du Gabon, Ali Bongo Ondimba pour l’avoir proposé à ses pairs, en 2017 et pour la nomination de sa modeste personne au poste de président de la Commission. « Je note avec respect, la chance qui a été la mienne, d’avoir été choisi, parmi tant de gabonaises et de gabonais. Par ce choix, excellence, vous m’avez fait découvrir un monde merveilleux, celui de l’intégration régionale. Je voudrai vous dire ici, toute ma reconnaissance, ma loyauté et ma fidélité », a-t-il conclu.



















