Pour leur 15ème Session ordinaire qui se tient le 17 mars prochain à Yaoundé au Cameroun, les chefs d’Etat de la CEMAC ont visiblement du pain sur la planche. Car, ces assises se tiennent à un moment crucial pour la sous-région, compte tenu de la situation économique nationale et internationale.
D’abord, sur le plan mondial, après la forte reprise en 2021, l’économie mondiale rentrerait dans une phase de ralentissement prononcé et exacerbé par les conséquences de la guerre russo-ukrainienne, le durcissement des contraintes sanitaires en Chine lié à la menace de nouveaux variants du Covid-19, une montée de tensions inflationnistes, de la dette et des inégalités.
Ainsi, la croissance mondiale devrait se contracter sensiblement pour se situer à 4,1% en 2022 et à 3,2% en 2023 contre 5,5% en 2021 sous l’effet de l’essoufflement de la demande et du retrait des mesures de soutien budgétaire et monétaire dans le monde.
Au plan sous-régional, le spectre parait plus ou moins rassurant. La conjoncture actuelle et les perspectives à court terme devraient être plus attrayantes et à mesure d’inciter les investisseurs à s’intéresser aux fenêtres d’opportunités qui s’ouvriraient. Le taux de croissance économique devrait s’établir à 3,5% en 2022 et à 3,3% en 2023. Cette prévision de croissance s’explique par l’effet conjugué d’une bonne évolution des termes de l’échange de la CEMAC et une bonne tenue des secteurs clés de l’économie.
Cette dynamique observée devrait également engendrer une embellie sur le plan monétaire avec à la fois une maitrise des tensions inflationnistes, une amélioration du taux de couverture extérieure de la monnaie et un léger accroissement des réserves de changes.
Au plan sécuritaire, la sous-région demeure diminuée par les déséquilibres engendrés par les menaces persistantes que font peser les groupes armés internes et transfrontaliers dans la sous-région notamment au Tchad, au Cameroun et en République Centrafricaine.
Pour ce faire, hôte de la rencontre, Paul Biya, le président de la République du Cameroun, président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat de la CEMAC va convier ses pairs ainsi que l’ensemble de la communauté, à des échanges fructueux, à l’effet de donner une impulsion nouvelle.
La CEMAC, qui met encore en œuvre les résolutions du Sommet extraordinaire des chefs d’Etat du 12 Aout 2021, liées à la riposte et à la relance économique post-covid19, doit vigoureusement réagir face aux répercussions du conflit Russo-Ukrainien. L’organe suprême de la Communauté devrait donc instruire les mesures stratégiques et opérationnelles idoines pour l’intensification des actions économiques structurelles.
Sur le plan institutionnel, la Conférence des chefs d’Etat sera aussi appelée à désigner de nouveaux responsables à la tête de certaines Institutions, organes, institutions spécialisées et agences d’exécution de la Communauté. Ce sera également le lieu d’évaluer le riche quinquennat qui s’achève, tant à la Commission que dans toutes les autres structures de la Communauté.
Le sommet de Yaoundé offrira enfin l’occasion d’en savoir sur les conclusions de la première édition des états généraux du fonctionnement des Institutions de la CEMAC et du premier colloque sous-régional de haut niveau sur la monnaie et développement. Par ailleurs, la rationalisation des Communautés économiques régionales de l’Afrique centrale, qui est la perspective de la sous-région toute entière, y trouvera aussi une approche de travail, en vue de faciliter l’évolution du processus.



















