A la faveur du second Sommet États-Unis / Afrique qui se tient du 13 au 15 décembre à Washington, DC, aux Etats-Unis, le 46ᵉ président des États-Unis, Joseph Robinette Biden, hôte du la rencontre n’a pas fait de mystères sur les véritables mobiles de l’initiative.
Pour le pays de l’Oncle Sam, il faut à tout prix annihiler l’influence chinoise, russe et à la limite turque, sur le continent après le laxisme manifesté par les années Trump. Dans cette dynamique, Joseph Robinette Biden a tout d’abord fait l’annonce d’un accord visant à renforcer les liens commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique après des années au cours desquelles, le continent a été relégué au second plan par rapport à d’autres priorités américaines, la Chine ayant fait des percées en matière d’investissements et de commerce.
A travers une approche savamment huilée, M. Biden a fait savoir aux dirigeants africains de 49 pays et à l’Union africaine que « Les États-Unis sont « tout à fait d’accord » avec l’avenir de l’Afrique ». Cela, indiquent, les observateurs avertis, l’objectif étant de susciter de l’engouement autour de ce nouveau deal avec l’Afrique.
Contrer l’influence de la Chine en Afrique
Autrement dit, les remarques de M. Biden, et le sommet, visent à positionner les États-Unis comme un partenaire des pays africains dans un contexte de concurrence avec la Chine, qui a cherché à étendre son influence en finançant des projets d’infrastructure sur le continent et ailleurs.
A preuve, le commerce de la Chine avec l’Afrique est environ quatre fois supérieur à celui des États-Unis. Ce qui fait de Pékin, un créancier important en proposant des prêts moins chers – souvent assortis de conditions opaques et d’exigences en matière de garantis – que les créanciers occidentaux.
Face à cette situation, les américains misent sur de nouveaux canaux d’investissements tels que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). De ce fait, M. Biden s’est réjoui du fait qu’un nouvel accord cet instrument donnera aux entreprises américaines, l’accès à 1,3 milliard de personnes et à un marché évalué à 3,4 trillions de dollars. Il a notamment énuméré les entreprises qui ont conclu des accords lors du sommet, dont General Electric Co et Cisco Systems Inc.
Le président américain a poursuivi son opération de charme à l’endroit du continent. « Lorsque l’Afrique réussit, les États-Unis réussissent. Très franchement, le monde entier réussit aussi », a-t-il déclaré lors d’un dîner à la Maison-Blanche en l’honneur des dirigeants africains et de leurs conjoints.
Le spectre de la traite négrière
Joé Biden a également abordé le triste passé négrier de l’histoire des Etats-Unis en relation avec le continent. A l’occasion, il a évoqué ce qu’il a appelé, le « Péché originel » de l’Amérique – l’asservissement de millions de personnes – et a rendu hommage à leurs descendants et à la communauté plus large de la diaspora africaine aux États-Unis.
« Notre peuple est au cœur du lien profond qui unit à jamais l’Afrique et les États-Unis », a-t-il déclaré. Et de poursuivre, « Nous nous souvenons des hommes, des femmes et des enfants volés qui ont été amenés sur nos rivages dans des chaînes, soumis à une cruauté inimaginable ».
Sur les pas de Barack Obama
Faut-il le rappeler, ce sommet est le premier du genre depuis celui organisé en 2014 sous la présidence de Barack Obama, lui-même fils d’un père africain. Pour le lancer, l’administration Biden a promis 55 milliards de dollars pour la sécurité alimentaire, le changement climatique, les partenariats commerciaux et d’autres questions.
M. Biden devrait également soutenir l’admission de l’Union africaine en tant que membre permanent du Groupe des 20 principales économies lors des événements du sommet. Avant le dîner, M. Biden a rencontré des dirigeants du Gabon, du Liberia et d’autres pays confrontés à des élections en 2023, pour une discussion sur les élections et les principes démocratiques.
Le sommet s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle impulsion visant à renforcer les liens, la Chine gagnant en influence grâce à ses efforts en matière de commerce, d’investissement et de prêts. Depuis plus de deux décennies, Pékin organise tous les trois ans ses propres réunions de haut niveau avec les dirigeants africains.
Certains responsables américains ont été réticents à l’idée de présenter le rassemblement comme une bataille d’influence. M. Biden n’a pas mentionné la Chine dans ses remarques, et Washington a atténué ses critiques à l’égard des pratiques de prêt et des projets d’infrastructure de Pékin.
Dans ce droit fil, la représentante américaine au commerce, Katherine Tai, a déclaré à ses homologues africains qu’elle souhaitait améliorer le programme de préférences commerciales des États-Unis pour le continent afin de stimuler les investissements.
Quant au porte-parole de la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, il a souligné l’importance des investissements américains en Afrique et a déclaré que Washington souhaitait une « discussion à double sens » sur le commerce, les investissements et les opportunités de croissance économique.
Une approche apparemment saluée par les dirigeants africains
Le discours de M. Biden a semblé trouver un terreau fertile auprès de ses hôtes venus du continent. A preuve, « Au lieu d’exporter des produits de base, les États-Unis devraient trouver une opportunité d’investir », a déclaré le président kenyan William Ruto. Avant d’ajouter, « Ils ont les machines, ils ont le savoir-faire, de sorte qu’ils peuvent produire pour le continent africain en Afrique ».
M. Ruto a par ailleurs édifié l’assistance sur les projections selon lesquelles, le secteur agroalimentaire africain fera plus que tripler pour atteindre 1 000 milliards de dollars d’ici 2030. Raison pour laquelle, il a indiqué que les capitaux américains peuvent aider à résoudre le déficit d’infrastructures physiques du continent pour débloquer cette croissance.



















